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Présidentielle : la question étudiante resurgit dans l’entre-deux-tours

Une mobilisation étudiante a débuté mercredi, avec l’occupation de plusieurs établissements, dont la Sorbonne. Emmanuel Macron et Marine Le Pen disent vouloir valoriser le travail étudiant, mais différemment. Le président sortant a annoncé lundi souhaiter « compléter » son projet pour la jeunesse.

Elle a été absente de la campagne électorale. Dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, la question des étudiants, et notamment celle des aides qui les concernent, va-t-elle émerger, alors qu’ Emmanuel Macron a annoncé lundi vouloir « compléter [son] projet pour la jeunesse » ? Une mobilisation étudiante a débuté mercredi, avec l’occupation de plusieurs établissements dont la Sorbonne. Les revendications sont multiples (pouvoir d’achat, écologie) et liées au contexte électoral – « ni Macron, ni Le Pen ».

Entre les abstentionnistes et ceux qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, les jeunes sont, pour les deux candidats, une cible privilégiée. En février, une enquête Ipsos réalisée pour la Fage , première organisation étudiante, plaçait le pouvoir d’achat en tête de leurs préoccupations.

« Les plus nécessiteux sont trop peu aidés »

Emmanuel Macron a inscrit la réforme des bourses à son programme. Elle a été promise à plusieurs reprises mais jamais aboutie. « Je veux refonder le système des bourses et des APL parce qu’il y a beaucoup de jeunes qui, quand ils ne peuvent plus vivre chez leurs parents, ne sont pas aidés comme il faut », expliquait-il en début de semaine.

Sur Brut, avant le premier tour de l’élection, il affirmait que 40 % des jeunes qui ne vivent plus avec leurs parents « sont en dessous du seuil de pauvreté ». Si un tiers des étudiants sont boursiers, le système actuel est jugé « beaucoup trop compliqué », « les plus nécessiteux » étant « trop peu aidés ». Les aides sont « très modiques » et « surtout, l’articulation avec les aides pour le logement est très mal fichue », reconnaissait Emmanuel Macron.

Le président candidat ira-t-il jusqu’à reprendre l’idée de Jean-Luc Mélenchon d’une garantie d’autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans détachés du foyer fiscal parental ? Le candidat LFI leur avait promis 1.063 euros par mois. La question lui a été explicitement posée, mardi, lors de son déplacement dans le Grand Est . Emmanuel Macron y a répondu en décrivant son « grand dispositif de solidarité à la source, pour simplifier et bien mieux prendre en compte la réalité au quotidien [des] étudiants », un chantier qu’il veut « lancer tout de suite » s’il est élu.

« Des jobs étudiants adaptés »

Cette réforme des bourses est liée au « sujet des jobs étudiants adaptés » (dans les bibliothèques universitaires ou pour du tutorat, par exemple), qu’il veut développer « beaucoup plus en lien avec les universités et les CROUS ». Ce lien entre aides sociales et emploi est source d’inquiétudes pour certains étudiants, qui redoutent un creusement des inégalités entre ceux qui seraient contraints de travailler pour payer leurs études et les autres.

Emmanuel Macron a déjà promis que les emplois de tuteurs étudiants seraient mieux rémunérés. Il a aussi évoqué les bibliothèques universitaires « qu’on n’arrive pas à ouvrir le week-end et en soirée ».

« Une prime d’Etat »

Marine Le Pen entend, elle aussi, valoriser le travail des étudiants, en versant « une prime d’Etat » à ceux qui travaillent. Elle correspondrait à 20 % du revenu de l’étudiant par mois, jusqu’à un maximum de 200 euros. Pour les boursiers, elle grimperait à 30 %, et pourrait aller jusqu’à 300 euros. L’objectif de cette prime serait de « permettre aux étudiants de travailler moins et de se consacrer davantage à leurs études », indique Gilles Lebreton, député européen et conseiller enseignement supérieur de la candidate d’extrême droite.

Il dit préférer les emplois étudiants « en corrélation avec les études », mais pointe le « danger » d’un « système de précarisation » si, dans les universités, les emplois n’étaient pas « occupés par des fonctionnaires ».

Des promesses sur le logement

La candidate du RN a aussi promis la gratuité des transports ferroviaires pour les 18-25 ans aux heures creuses, pour lutter contre « l’isolement » des étudiants éloignés de leur famille. En matière de logement étudiant, elle s’est engagée à créer 100.000 places sur le quinquennat. Les préfets auraient « une compétence de chef d’orchestre » pour accélérer la construction de tels logements.

DOSSIER – Le programme de Marine Le Pen décrypté

Un propos « démagogique », selon la Fage, qui considère que le sujet est bien plus complexe, mais qui pointe aussi « l’échec cuisant » du quinquennat écoulé sur ce sujet. « Nous ne sommes pas au rendez-vous des engagements que nous avions pris, admettait Emmanuel Macron, mi-janvier, devant les présidents d’université. Nous avions une volonté d’avoir 60.000 logements étudiants publics. Nous en avons fait 34.000 […] La question du logement étudiant doit appeler des réponses encore plus massives. »

Alors qu’Emmanuel Macron défend son projet de solidarité à la source (versement automatique des aides sans avoir à faire de demande) , Marine Le Pen entend augmenter de 25 % le montant des APL pour les étudiants. La candidate RN veut aussi instituer une « priorité nationale d’accès au logement social et étudiant », une promesse conditionnée à une révision constitutionnelle incertaine .

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