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lundi, août 8, 2022
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Tour de France Femmes : les grimpeuses françaises Labous et Muzic arrivent sur leur terrain

Juliette Labous (Team DSM) et Évita Muzic (FDJ-Suez-Futuroscope) représentent les meilleures chances françaises d’une victoire d’étape ou de podium sur le Tour de France Femmes. Toutes deux originaires de l’est de l’Hexagone, les deux grimpeuses de 23 ans connaissent bien les routes des deux dernières étapes.

Elles sont de la même génération. Elles sont toutes les deux originaires de l’est de la France, auquel le premier Tour de France Femmes de l’ère professionnelle fait la part belle. Elles sont toutes les deux des grimpeuses… La liste des points communs entre Juliette Labous de la Team DSM et Évita Muzic de FDJ-Suez-Futuroscope est impressionnante. Les deux coureuses comptent bien briller alors que le week-end final du Tour de France, samedi 30 et dimanche 31 juillet, pointe le bout de son nez, dans les massifs vosgiens que les deux « régionales de l’étape » connaissent bien.

Autre point commun, les deux coureuses de 23 ans sont également les deux premières Françaises au classement général : 7e à 1 min 19 et 12e à 3 min 01. Une bonne nouvelle alors que leur terrain de jeu arrive. Le copieux dessert du menu du Tour 2022 : un samedi avec trois grosses ascensions de catégorie 1. Au programme : le Petit Ballon (9,3 km à 8,1 % de pente moyenne), le col du Platzerwasel (7,1 km à 8,3 %) et le Grand Ballon (13,5 km à 6,7 %), puis un dimanche où l’arrivée finale est jugée en haut de la terrible Super Planche des Belles filles.

« L’étape de samedi va être la plus dure », prédit Juliette Labous. « Il y a un enchaînement de trois longues bosses et une descente technique après le premier col. Je les connais bien, c’est souvent par ici que je viens faire mes premières bosses longues à la sortie de l’hiver.

« Ça va être fantastique d’être là devant nos amis, notre famille. J’ai hâte d’être dans la Planche entendre crier mon nom. Dans ces moments, on trouve toujours un peu plus de force en plus. Ce sera un plus mentalement », annonce Évita Muzic.

« Je l’ai toujours un peu prise comme modèle »

Si Juliette Labous a grandi et vit toujours à Besançon, Évita Muzic est quant à elle native de Lons-le-Saunier à moins de 100 km. Résultat, les deux jeunes filles qui sont respectivement venues à la route après des années en BMX et en cyclo-cross, se retrouvent souvent opposées l’une à l’autre.

« Ça fait longtemps qu’on se connaît », dit Évita Muzic dans un sourire. « Depuis les minimes, on court ensemble un an sur deux vu qu’on a un an de différence [Évita Muzic est née en mai 1999 tandis que Juliette Labous est de novembre 1998, NDLR]. Je l’ai toujours un peu prise comme modèle en me disant :’à mon âge, elle a fait ça’. Je pense qu’au fond, ça nous a vraiment tirées vers le haut d’avoir une bonne équipe en Franche-Comté. »

« On est très bonnes amies », renchérit Juliette Labous. « On a été souvent en compétition quand on était petites mais toujours de la bonne manière. On a fait le Pôle Espoirs de Besançon ensemble. Ça fait plaisir car on arrive en même temps toutes les deux à être parmi les meilleures. »

Le passage chez les professionnelles va les séparer. Évita Muzic signe avec les Français de la FDJ, Juliette Labous fait le choix de l’équipe Sunweb, devenu depuis DSM, à seulement 17 ans. Le grand saut dans une équipe étrangère ne lui fait pas peur :

« Ça ne m’a pas fait peur du tout, ça me donnait plutôt envie. Certaines personnes me disaient que c’était trop tôt, mais j’étais confiante. J’aime aussi prendre des risques. Je n’ai jamais vraiment douté de ma décision », explique-t-elle dans l’Équipe.

Six ans plus tard, elle a gravi les échelons, en témoigne sa victoire sur l’étape-reine du Giro Donne. Elle est la leader de l’équipe pour le Tour de France qui lui demande de viser « un top 5 » au classement général final.

« Comme je joue le général, il va être compliqué de viser une victoire d’étape mais on verra », veut croire la coureuse de la DSM.

Évita Muzic, sous contrat jusqu’en 2025

Évita Muzic est quant à elle arrivée sur le Tour de France dans la position de lieutenant ou plutôt de « garde du corps » de Cecilie Uttrup Ludwig et Marta Cavalli. Mais après la journée catastrophe de la FDJ-Suez-Futuroscope sur la deuxième étape et l’abandon de la leader italienne, les cartes ont été rebattues. Elle a davantage de latitude pour viser des étapes, comme elle a tenté de le faire sur la quatrième entre Troyes et Bar-sur-Aube, terminant deuxième derrière Marlen Reusser.

>> À lire aussi : Tour de France Femmes : sur les redoutés chemins blancs de la 4e étape, « il y a une part de chance »

La FDJ sait qu’elle tient une pépite. L’équipe française veut miser sur elle sur le long terme, en témoigne le renouvellement de son contrat en juin jusqu’en 2025. Il faut dire que la jeune coureuse ne semble pas avoir de limites : vainqueure d’étape sur le Giro en 2020, championne de France 2021, 3e du Mont Ventoux Denivelés challenge (remporté par sa coéquipière Marta Cavalli) et 2e du Tour de Burgos.

Un Tour de Burgos remporté par… son amie Juliette Labous, offrant un podium au deux-tiers français à tous les fans de vélo.

« C’est vraiment cool de se retrouver sur les podiums », s’esclaffe Évita Muzic. « La première fois, c’était sur le Giro [2020]. Je gagne l’étape et elle fait troisième. »

« On a le même profil à la fois grimpeuse et puncheuse. Mais Juliette est peut-être un peu plus polyvalente que moi. Elle est très forte en chrono », juge la coureuse de la FDJ-Suez-Futuroscope. « C’est un point sur lequel je dois encore m’améliorer. Mais bon, je suis peut-être meilleure en sprint ».

Toutes deux en équipe de France, les deux Françaises incarnent un avenir brillant pour le cyclisme féminin tricolore. Là où les Audrey Cordon-Ragot, Pauline Ferrand-Prevot et autres Aude Giannic ont connu la transition entre le relatif amateurisme du début des années 2010, elles ont directement pu rejoindre un peloton professionnel structuré et des équipes World Tour, l’échelon professionnel créé en 2019 par l’Union Cycliste Internationale (UCI).

« On est la nouvelle génération », confirme Juliette Labous. « Et on n’a pas de pression par rapport à ça », conclut Évita Muzic.

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