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Une maison d’accueil pour les victimes de violences conjugales ouvre en Essonne

La première Maison Solidarité Femmes vient d’être inaugurée à Montgeron. Elle permet d’accueillir les femmes victimes de violences et leurs enfants en leur proposant un large accompagnement (services sociaux, avocats, soins…), mais aussi un hébergement en urgence.

L’association Léa, qui fait partie du réseau national Solidarité femmes, existe désormais depuis 14 ans. Ce réseau de 78 associations, dont quatre en Essonne, prend en charge les femmes victimes de violences conjugales. Mais pour sa directrice et fondatrice, Patricia Rouff, « il y avait encore plusieurs manquements pour répondre aux besoins des victimes, notamment en urgence ».

Des besoins désormais comblés grâce à l’ouverture de la toute première Maison Solidarité Femmes 91 (MSF) à Montgeron, dont nous ne donnerons pas l’adresse pour des raisons de sécurité.

Cette vaste demeure rénovée avec soin, pour offrir un cadre apaisant et agréable, a la capacité d’accueillir des femmes, mais aussi leurs enfants, se retrouvant à la rue du jour au lendemain pour fuir un conjoint violent. Six places de couchage sont prévues pour 24 heures, avant, si besoin, d’être réorienté vers un autre hébergement plus pérenne. « Un logement qui peut, si c’est nécessaire car monsieur est très dangereux, se trouver à l’autre bout de la France », précise Patricia Rouff.

Outre les chambres, la maison est équipée d’une cuisine aménagée, d’une salle de bains, de jeux pour les enfants et comprend de nombreuses permanences, le tout dans un espace sécurisé par des alarmes, des boutons panique, du personnel sur place et la proximité des policiers. « Les conditions d’écoute, d’accueil et de sécurité sont très importantes, plutôt qu’un hôtel non sécurisé et insalubre. Sinon, les victimes retournent chez elles, constate Patricia Rouff. Là, elles restent. »


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Les victimes peuvent joindre l’association sept jours sur sept de 9 heures à 22 heures (au 06.50.179.179). « La plupart du temps, elles nous sont adressées par la gendarmerie, la police, les assistantes sociales, des élus, voisins ou familles. Si nécessaire, nous pouvons aller les chercher, notamment quand elles sont isolées en milieu rural », insiste Patricia Rouff.

Professionnels de santé, avocats, services sociaux sur place

Outre sa capacité d’accueil d’urgence, ce lieu permet aussi à ces femmes de voir des professionnels de santé, un avocat ou un juriste, les services sociaux… et bientôt, espère l’association, des policiers et gendarmes qui pourront bénéficier d’un bureau afin d’entendre les victimes et prendre leur plainte. « Ce lieu est ouvert à tous les partenaires pour orienter les victimes », note la directrice.

En dehors des urgences, il est possible de venir sans rendez-vous du lundi au vendredi de 8 heures à 19 heures et le samedi de 9 heures à 17 heures. Des rendez-vous peuvent être pris en dehors de ces horaires. « Les femmes qui sont en difficulté peuvent venir ici pour s’informer, avoir des conseils, prendre le temps de la réflexion », conseille Patricia Rouff. En 2021, l’association a pris en charge 900 enfants et 700 femmes. Et en un mois, la Maison Solidarité Femmes a déjà vu défiler une cinquantaine de personnes.

Cette dernière a été financée en partie par la région Île-de-France, la CAF, mais aussi grâce aux dons de mécènes privés. La marraine de cette première MSF n’est autre que Cindy Bruna, une mannequin égérie de L’Oréal, Balmain… qui a publié en 2022 son livre autobiographique « Le jour où j’ai arrêté d’avoir peur ». Elle y dénonce les violences conjugales et intrafamiliales dont elle a été victime.


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Une deuxième MSF doit être inaugurée le 25 novembre à Charenton (Val-de-Marne). Et le mois prochain, l’hôpital de Longjumeau se dotera d’une maison d’accueil médicalisée, comme cela existe déjà à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

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