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Borne commet un lapsus qui en dit long sur les retraites et le 49-3

« Le dialogue ne viendra pas de notre côté », a déclaré la Première ministre, avant de se reprendre pour parler de « blocage ». Sur le fond, elle promet une réponse en fin de semaine.

POLITIQUE – Est-ce l’inconscient qui parle ? Ce lundi 26 septembre, Élisabeth Borne était l’invitée de BFMTV, au commencement d’une semaine cruciale sur le budget de l’État, présenté ce jour en conseil des ministres, et sur la réforme des retraites« priorité » du gouvernement qui doit trouver un aboutissement législatif lors d’une réunion en fin de semaine avec les ministres concernés, le Président de la République et les responsables de la majorité.

Une information dévoilée ce week-end par l’entourage du chef de l’État et confirmée par la locataire de Matignon ce matin : « On a prévu avec le président de la République d’avoir un échange cette semaine avec les ministres concernés et les responsables de la majorité. (…) Avec le président de la République, on décidera d’ici la fin de la semaine », et « on fera part » de cette décision, a-t-elle convenu, sans rien dévoiler du véhicule qui ne semble pas être tranché entre un amendement au Projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS) – auquel s’oppose fermement le MoDem de François Bayrou – et un projet de loi ad hoc sur les retraites.

« Nous voulons décaler l’âge de départ »

« Nous voulons revaloriser les petites pensions et décaler progressivement l’âge effectif de départ, en tenant compte des carrières longues et de la pénibilité », a tout de même résumé Élisabeth Borne sur le fond du projet, sans rien dévoiler de l’âge de départ, 64 ou 65 ans.

À propos d’un éventuel recours au 49-3 sur ce texte ou sur le budget, la Première ministre insiste : « ma méthode est celle du dialogue et du compromis », avant d’ajouter immédiatement : « En même temps, les Français ne comprendraient pas qu’on soit bloqués ». Une façon, à l’unisson des autres responsables de l’exécutif, de préparer les esprits à l’usage du 49-3 – qui permet de mettre un terme aux débats et d’adopter un texte sans vote – alors que le gouvernement ne dispose que d’une majorité relative. « C’est un outil à la disposition du gouvernement en cas de blocage ».

Pressée de se justifier, la Première ministre a alors commis ce lapsus « Le dialogue ne viendra pas de notre part, euh le blocage ne viendra pas de notre part ». « Je suis à la recherche du dialogue et du compromis » a-t-elle insisté avec cette formule : « Il faut être plusieurs pour dialoguer ».

« Il faut être plusieurs pour dialoguer »

Élisabeth Borne a préféré en rire et se concentrer sur les aspects sociaux du texte qu’elle entend défendre, elle qui vient de la gauche et qui sent les dangers d’une mobilisation dans la rue comme en 2020. « Nous serons particulièrement vigilants sur les discriminations des seniors », a-t-elle promis en évoquant la probable création d’un « index » des entreprises selon leur respect ou non de l’embauche des plus âgés sur le marché du travail. « Nous voulons nous assurer que les entreprises soient exemplaires et ne fassent pas de discriminations à l’embauche des seniors », a-t-elle répété en demandant aux entreprises de « ne pas hésiter » à les employer.

À propos de la réforme des retraites, Élisabeth Borne a tenté de rassurer alors qu’elle ne fait pas encore entendre sa propre voix sur le sujet, préférant renvoyer à la « concertation » des partenaires sociaux et des parlementaires. « On a beaucoup de discussions, il est difficile de trouver le bon chemin, il n’y a pas de souci », a-t-elle glissé en fin d’entretien, dissimulant mal une forme d’embarras.

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