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Festival Cinébanlieue : le réalisateur de « Tirailleurs » avec Omar Sy clame son amour pour la Seine-Saint-Denis

Le réalisateur Mathieu Vadepied présente « Tirailleurs », son nouveau film, en avant-première ce mercredi soir au cinéma L’Ecran à Saint-Denis, pour la soirée d’ouverture du festival dédié aux cinéastes de banlieue. Habitué du 93, il y a notamment tourné des documentaires.

Le réalisateur Mathieu Vadepied ne cache pas son plaisir d’être invité ce mercredi soir au cinéma L’Ecran, à Saint-Denis. Son nouveau film, « Tirailleurs », sera présenté en avant-première lors de la soirée inaugurale du festival Cinébanlieue dédié aux jeunes talents de la région. « Je suis super content. J’adore l’idée et j’espère qu’il y aura plein de jeunes dans la salle avec qui je pourrai échanger », savoure-t-il d’avance.

Ce long-métrage, qui sortira en France le 4 janvier prochain, raconte l’histoire de deux tirailleurs sénégalais pendant la Première Guerre mondiale, celle d’un père — interprété par Omar Sy — qui va tout faire pour ramener sain et sauf son fils enrôlé de force dans l’armée française. Un film qui sied au thème de la XVIIe édition de Cinébanlieue : « L’art pas la guerre ».

Avec cette question posée par les organisateurs : « Le cinéma permet-il de résister à la violence du monde ? ». « Le cinéma a une responsabilité par rapport à une vision du monde, la façon dont on filme la violence, répond Mathieu Vadepied. J’y ai prêté attention dans l’écriture (des Tirailleurs) pour ne pas la glorifier. Mes personnages ne sont pas des héros, ni héroïques, mais ils gagnent quelque chose d’immense : la dignité et une prise de conscience. L’art, de ce point de vue, peut apporter quelque chose. »

Notamment la transmission d’une histoire, entre les générations et dans une « France riche de ses diversités », un autre thème cher au réalisateur, en pleine séance de montage d’un documentaire sur les tirailleurs de Bondy. Mathieu Vadepied y conte l’histoire de 28 anciens combattants d’Algérie et d’Indochine vivant dans un foyer de Bondy, à travers le combat mené par la conseillère municipale Aïssata Seck pour obtenir leur naturalisation en 2017.

Un documentaire sur les tirailleurs de Bondy

« Leurs voix » est le nom de ce documentaire que le directeur photographique du film « Intouchables » aimerait sortir en même temps que son film. « C’est une belle opportunité de faire un parallèle entre cette histoire et la fiction, la première résonnant comme un écho à la seconde, juge-t-il. Je n’ai pas eu de témoignage direct de tirailleurs de la Première Guerre mondiale pour mon film mais l’écoute des tirailleurs de Bondy m’a sans doute permis de trouver un ton plus juste. C’est de l’ordre de l’imprégnation, au niveau de leurs langues, de leurs ethnies… »

Comme l’avant-première de ce mercredi soir, ce documentaire donne en tout cas une nouvelle occasion à Mathieu Vadepied de montrer son attachement à la Seine-Saint-Denis. Un département où il a tourné son premier long-métrage « La Vie en grand », à Stains, sorti en 2015 et racontant la vie de deux jeunes des cités.

Un département qu’il continue à sillonner, en particulier à Saint-Denis et L’Ile-Saint-Denis, où il suit depuis cinq ans la trajectoire d’un jeune animateur et ancien lycéen de Paul-Eluard. En 2019, il en avait tiré avec le sociologue Fabien Truong un documentaire (« Les défricheurs ») pour France 3.

« Cette immersion nous a permis de créer des liens, des accointances, des échanges. La finalité, c’est de montrer une jeunesse ni stigmatisée, ni stigmatisante. Une jeunesse normale, pleine d’énergie, qui a envie de s’inscrire dans la société française comme tout le monde », souligne le réalisateur.

Soirée inaugurale ce mercredi 9 novembre, à 20 heures, en présence de Mathieu Vadepied et de deux acteurs (Alassane Diong et Bamar Kane). Le programme complet du festival sur : https://www.cinebanlieue.org/

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