Grève du 7 février : vers une nouvelle journée noire dans les transports en Île-de-France ?

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Même si les prévisions de trafic indiquent un léger mieux sur le réseau francilien par rapport à la mobilisation de la semaine dernière, les usagers redoutent tout de même un mardi compliqué. D’autant que les « stratégies d’évitement » vont rapidement manquer.

Les lignes de métro devraient fonctionner au ralenti ce mardi 7 février. Mais, contrairement au 19 janvier, elles resteront toutes ouvertes (partiellement dans certains cas) aux voyageurs. LP/Benoit Hasse
Les lignes de métro devraient fonctionner au ralenti ce mardi 7 février. Mais, contrairement au 19 janvier, elles resteront toutes ouvertes (partiellement dans certains cas) aux voyageurs. LP/Benoit Hasse

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Par Benoît Hasse et Sébastian Compagnon 

Le 6 février 2023 à 20h09

Ce sera la troisième grève massive contre la réforme des retraites dans les transports en commun (et ailleurs) en moins de trois semaines. Sera-t-elle aussi suivie que les deux précédentes ? Au-delà des discours syndicaux, qui tous confirment une mobilisation « toujours à son plus haut niveau », les prévisions de trafic des différents opérateurs (affinées ce lundi soir) montrent une légère diminution des perturbations attendues par rapport aux mouvements des 19 et 31 janvier derniers.

Côté métros d’abord, les lignes seront presque toutes ouvertes aux voyageurs sur la quasi-totalité de leur parcours et durant toute la journée. À l’exception des lignes 8 et 13, les plus impactées par les arrêts de travail, qui ne fonctionneront qu’aux heures de pointe et uniquement du terminus val-de-marnais Créteil – Pointe-du-lac à la station Reuilly-Diderot (XIIe) pour la 8 et de Saint-Denis Université et les Courtilles à Montparnasse pour la 13.

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Le 19 janvier, pour la première date de mobilisation, trois lignes de métro (les 8, 10 et 11) étaient restées fermées toute la journée. Dix jours plus tard, presque toutes les lignes de métros (sauf la 1 et la 14 sans conducteurs) avaient connu un fonctionnement très dégradé, avec des ouvertures en heure de pointe uniquement et des dizaines de stations qui n’avaient pas été desservies.

Sur le réseau des RER et Transiliens, les conditions de trafic devraient également être nettement moins dégradées que la semaine passée. La RATP qui gère le RER A (jusqu’à Nanterre-préfecture) et la partie sud du RER B, prévoit de faire circuler 1 train sur 2 sur chaque ligne. Comme lors de la grève du 31 janvier.

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Mais côté SNCF (gestionnaire des RER C, D, E), le changement par rapport à la précédente journée d’action sera sans doute plus visible. Selon les prévisions de trafic, les voyageurs pourront compter sur 1 train sur 3 pour la ligne C, 1 sur 6 pour la D et 2 sur 5 pour la E. Sept jours plus tôt, ces trois lignes n’accueillaient qu’un train… sur 10. Et uniquement aux heures de pointe.

Même légère « embellie » à attendre sur le réseau transilien, dont plusieurs lignes étaient restées quasiment à l’arrêt la semaine dernière (lignes J, N, P ou U). Il devrait toujours être très perturbé mais ne devrait pas connaître de suppressions de dessertes. Enfin les réseaux de tram et de bus de la RATP devraient fonctionner presque normalement toute la journée.

Le signe d’un essoufflement du mouvement ? Les différents syndicats des transports, qui rappellent que la quatrième journée d’action a déjà été programmée samedi 11 février, assurent tous que non. « La mobilisation a été très forte lors des deux premières journées, avec 70 % des conducteurs de métro et de RER en grève, et 50 % chez les agents de station. Cette réforme, personne n’en veut », rappelle Bastien Berthier, conducteur de métro, délégué FO RATP.

« Si le gouvernement reste sourd, il faudra qu’on se prépare à durcir le mouvement »

« Pour la suite de la mobilisation, nous verrons ce mardi au soir. Pour samedi 11, nous réfléchissons encore, car notre but est que la manifestation attire le maximum de monde possible, et pour cela il faut des transports qui marchent ce jour-là. Il y a un débat actuellement entre les différentes confédérations syndicales. Pour peser vraiment, il faudrait faire comme en 2019, avec un préavis illimité suivi de 50 jours de grève… Mais avec le contexte économique actuel, c’est difficile », ajoute-t-il aussitôt.

« Il y a des inquiétudes sur les questions de pouvoir d’achat, c’est vrai », confirme Bertrand Hammache, le secrétaire général de la CGT RATP qui voit dans la faible participation à la grève des agents des réseaux bus et tram de la Régie une conséquence directe de la « prime d’assiduité » mise en place depuis quelques mois par la direction. « On va l’attaquer en justice, parce que c’est une atteinte au droit de grève », indique le syndicaliste qui espère malgré tout une grosse participation au mouvement de grève de ce mardi et à la manifestation de samedi prochain.


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« Nous allons déposer des préavis pour samedi. Mais uniquement pour permettre aux agents qui travaillent ce jour-là de pouvoir manifester. L’idée, c’est d’avoir du monde au rassemblement. Donc il faut des transports pour y amener les manifestants. » Et après ? « Ce mardi et samedi, on sera à un tournant de la mobilisation. Si le gouvernement reste sourd, il faudra qu’on se prépare à durcir le mouvement », conclut le représentant CGT.

Vers une affluence plus importante sur les lignes ?

Autant d’éléments qui font craindre aux usagers des transports franciliens une nouvelle journée noire le 7 février… et peut-être d’autres à suivre. « Les 19 et 31 janvier derniers, la cohue annoncée n’a pas eu lieu. Les transports en commun étaient vides. Les usagers se sont adaptés, en restant en télétravail, en posant un jour de congé ou de RTT », analyse Marc Pélissier, président de la fédération des usagers des transports FNAUT-IDF. « Mais, ils ne vont pas pouvoir poser des jours indéfiniment. Et le télétravail ne concerne que 40 % des salariés », poursuit-il en pronostiquant une affluence dans les transports qui pourrait être supérieure ce mardi à celle des deux précédents jours de grève.

« Après, notre crainte, c’est la menace d’un mouvement reconductible, du type de celui de 2019 qui pourrait être très pénalisant pour certains voyageurs », conclut le représentant associatif. « Les syndicats devront en tenir compte. Les salariés les plus gênés par ces mouvements, ce ne sont pas les cadres de la Défense mais les salariés plus modestes qui viennent de grande couronne, qui ne peuvent pas télétravailler et qui n’ont pas de moyens de transport alternatif ! »

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