Wall Street ouvre en baisse, glacée par un rebond de l’inflation

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La Bourse de New York a ouvert en baisse jeudi, bousculée par un indicateur d’inflation plus élevé que prévu et de mauvais chiffres macroéconomiques qui compliquent encore la lecture de la conjoncture aux Etats-Unis.

Vers 15H00 GMT, le Dow Jones rendait 1,18%, l’indice Nasdaq abandonnait 1,34% et l’indice élargi S&P 500 cédait 1,27%.

L’indice des prix à la production PPI est ressorti en hausse de 0,7% en janvier sur un mois, au plus haut niveau depuis juin et sensiblement au-dessus des projections des économistes (+0,4%).

“La thèse de la désinflation en cours vient d’être sérieusement mise à mal”, a commenté Edward Moya, d’Oanda.

Les taux obligataires ont immédiatement réagi et le rendement des emprunts d’Etat américains à 10 ans a grimpé au plus haut depuis le début de l’année, à 3,86%.

Après la publication, mardi, de l’indice des prix à la consommation CPI, lui-aussi au-dessus des prévisions, le bond des prix à la production “va forcer la Fed (banque centrale américaine) à rester offensive”, prévient Edward Moya, “et c’est une mauvaise nouvelle pour les marchés actions. C’est pour cela qu’on décroche.”

La place new-yorkaise s’est aussi inquiétée de la chute de l’activité manufacturière dans la région de Philadelphie, tombée à -24,3 points en février contre -8,9 points en janvier. Un chiffre négatif témoigne d’une contraction de l’activité.

Autre point saillant, le ralentissement, en janvier, des mises en chantier aux Etats-Unis, dont le rythme est le plus faible depuis juin.

Depuis le début de l’année, malgré la multiplication des surprises sur le front macroéconomique, “le marché actions a toujours rebondi et mis de côté ses angoisses”, a rappelé, dans une note, Patrick O’Hare, de Briefing.com.

Durant la séance de jeudi, “sa confiance va de nouveau être mise à l’épreuve par la remontée des taux, qui va mettre en lumière les valorisations trop élevées”, a prévenu l’analyste.

“Ce marché n’a pas suffisamment intégré dans ses cours l’ampleur des éventuelles hausses de taux à venir”, a abondé Edward Moya.

Lockheed Martin (-2,02%) et Raytheon (-1,47%) reculaient, après la décision des autorités chinoises de placer les deux groupes d’aéronautique et de défense sur la liste des “entités non fiables”, ce qui leur interdit tout commerce avec la Chine. La mesure traduit la montée des tensions entre Etats-Unis et Chine, suite à l’interception d’un ballon chinois dans le ciel américain, début février.

Le groupe de médias Paramount dévissait (-3,75%) après la publication de résultats inférieurs aux attentes. Les comptes ont souffert d’une baisse des revenus publicitaires sur les chaînes traditionnelles de Paramount, ainsi que d’un recul des ventes de programme sous licence.

Le spécialiste des infrastructures informatiques Cisco avançait (+5,78%) grâce à des résultats plus élevés que prévu et un relèvement de ses prévisions pour l’ensemble de son exercice décalé (août à juillet) 2023. Il a indiqué que la demande restait forte et que les perturbations de la chaîne d’approvisionnement étaient en voie de normalisation.

La plateforme de commerce électronique Shopify dégringolait (-16,76%), sanctionnée pour des prévisions jugées décevantes pour le trimestre en cours, qui prennent en compte la décélération du e-commerce en sortie de pandémie et des dépenses des consommateurs du fait de l’incertitude macroéconomique.

Le fabricant de jouets Hasbro (+3,41%) a fait état d’un chiffre d’affaires en ligne avec les prévisions et d’un bénéfice net légèrement meilleur qu’anticipé. Le groupe prévoit une baisse de ses revenus en 2023 mais une amélioration de ses marges et des bénéfices au minimum stables.

Le spécialiste des sabots en plastique Crocs caracolait (+9,80%), soutenu par des résultats supérieurs aux attentes pour le quatrième trimestre, tirés notamment par la marque de chaussures de loisir Heydude, rachetée début 2022.

Nasdaq

tu/sr

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