Affaire Grégory : l’un des corbeaux a été identifié par la justice, trahi par son ADN

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La justice a identifié l’un des auteurs des courriers adressés à la famille Villemin en marge de l’homicide du petit Grégory, 4 ans, retrouvé pieds et poings liés dans une rivière des Vosges le 17 octobre 1984.

« Je vous ferez (sic) à nouveau votre peau à la famille Villemain (…) Prochaine victime, Monique » Ces quelques mots inscrits d’une main anonyme sur une page blanche ont été glissés dans une enveloppe le 24 juillet 1985 à l’attention de Monique et Albert Villemin, les grands-parents du petit Grégory, cet enfant de 4 ans assassiné à Lépanges-sur-Vologne (Vosges) neuf mois plus tôt. Son auteur est désormais connu de la justice, selon une information de l’hebdomadaire Marianne, confirmée au Parisien par une source proche du dossier.

Le 16 octobre 1984, Grégory Villemin, 4 ans est enlevé alors qu’il jouait devant la maison de ses parents, Christine et Jean-Marie. Quelques heures plus tard, son corps est découvert ligoté et noyé dans la Vologne, à 6 kilomètres du domicile familial. Dès le lendemain et comme régulièrement depuis une poignée d’années, la famille reçoit une lettre anonyme, revendiquant le crime. Le ou les auteurs de ces lettres n’avaient jamais été identifiés et personne n’a été condamné pour l’homicide du garçonnet.

Christine et Jean-Marie Villemin (ici en 1989) ont réclamé en 2021 de nouvelles expertises ADN pour enfin élucider le meurtre de leur petit garçon. DR
Christine et Jean-Marie Villemin (ici en 1989) ont réclamé en 2021 de nouvelles expertises ADN pour enfin élucider le meurtre de leur petit garçon. DR

Dans un arrêt qui innocentait complètement Christine Villemin de l’homicide de son fils, la cour d’appel de Dijon estimait en 1993 que cette lettre avait été « rédigée en caractères typographiques apparemment semblables à ceux de 1983 ». Cette année-là, plus d’un an avant la mort de Grégory, le corbeau adressait ces mots à Jean-Marie, le père du petit garçon : « Je vous ferez (sic) votre peau à la famille Villemain ».

Elle a reconnu être l’auteure

Dans quelques jours, cela fera 39 ans que l’affaire Grégory hante les esprits dans la vallée de la Vologne et bien au-delà. Alors voilà plus de deux ans, à la demande de Christine et Jean-Marie Villemin, la justice avait accepté de conduire de nouvelles expertises génétiques et notamment des recherches en « ADN de parentèle », méthode qui permet de relier une empreinte génétique avec d’autres, issues de la même parenté, afin de la comparer avec celles présentes dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).

Neuf ADN différents, d’autres mélanges d’ADN, non identifiés, figurent au dossier Grégory : ils ont été découverts sur les courriers anonymes, les vêtements du petit garçon ou encore l’emballage de la seringue d’insuline trouvée près de la scène de crime.


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En comparant l’ADN retrouvé sur la lettre de juillet 1985 au FNAEG, un nom est sorti en janvier 2021 : celui d’une femme déjà condamnée pour escroquerie. Cette Guadeloupéenne, basée à Paris au moment de l’envoi, au début des années 80, a reconnu en audition être l’auteure de la missive bien qu’elle n’ait rien à voir avec l’affaire.

Comprendre « ce qu’a vécu Grégory durant ses dernières heures de vie »

« Cela prouve qu’on a eu raison de croire en ces expertises ADN, se réjouit Me Christine Chastant-Morand, avocate historique des parents de Grégory. Tant d’années après, on s’aperçoit que l’espoir sur l’ADN est fondé. Avec les avancées de la science, le temps peut nous aider. Jean-Marie et Christine Villemin ont eu raison d’y croire et de poursuivre. » Selon l’avocate, le « moteur » du couple demeure le même, découvrir la « clé » de cette affaire qui a brisé leur vie en 1984 et comprendre « ce qu’a vécu Grégory durant ses dernières heures de vie ».

Si elle ne fait pas avancer l’affaire Grégory, émaillée au fil des années par de nombreux rebondissements, cette révélation illustre une nouvelle fois la fascination, parfois morbide, qui s’est emparée du public.

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