Comptage des élèves absents pour l’Aïd : l’Intérieur admet avoir demandé « une évaluation » mais nie tout fichage

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Sonia Backes, la secrétaire d’état qui dirige aussi la Miviludes et qui présidera les assises contre les dérives sectaires les 8 et 9 mars prochains. Or, il se trouve qu’elle a une histoire un peu dingue, inconnue : sa propre mère était scientologue ! elle a grandi dans un milieu scientologue, liens familiaux coupés, isolement jusqu’à sa rebellion à l’adolescence. Ça a été son « moteur » pour son engagement a la miviludes.

La secrétaire d’État chargée de la citoyenne Sonia Backès affirme que l’initiative ne relevait pas d’une volonté de « fichage » des élèves en fonction de leur confession. SOS Racisme dénonce une demande des policiers « particulièrement choquante ».

Alors que la polémique enfle depuis plusieurs jours, le ministère de l’Intérieur a réagi ce dimanche. Dans l’académie de Toulouse, des policiers ont demandé aux chefs d’établissements scolaires, par mail et sans l’aval du rectorat, de leur indiquer le nombre d’élèves absents le jour de l’Aïd al-Fitr, fête célébrée le 21 avril dernier qui marque la fin du Ramadan. Une demande qui a suscité l’indignation de la communauté éducative et d’associations comme SOS Racisme.

Dans un communiqué, la secrétaire de l’État chargée de la citoyenneté, Sonia Backès, reconnaît que le ministère de l’Intérieur a demandé dans certaines académies une « évaluation du taux d’absentéisme constaté à l’occasion de l’Aïd al-Fitr » mais nie toute volonté de « fichage » des élèves en fonction de leur confession.

Des études d’impact « régulières »

« Le ministère étudie régulièrement l’impact de certaines fêtes religieuses sur le fonctionnement des services publics, et notamment au sein de la sphère scolaire », a-t-elle poursuivi. Et d’insister : « Aucune donnée nominative a été ni demandée ni recensée à aucun moment. »

L’Union des Mosquées demande une enquête

Des responsables associatifs, syndicaux ou politiques se sont inquiétés de cette initiative policière, certains comme l’ancien député socialiste Jean-Christophe Cambadélis évoquant « un fichage dans l’ensemble de la ville ». Dans deux communiqués envoyés ce dimanche, SOS Racisme a dénoncé une demande des policiers « particulièrement choquante en ce qu’elle associe la pratique religieuse musulmane à une question de sécurité » puis « une coupable désinvolture » du ministère « lorsqu’il s’agit de s’expliquer sur un acte qui relève donc d’une consigne qu’il a émise ».

Le syndicat Sud Éducation a de son côté dénoncé des « dérives islamophobes » dans l’administration. « Des collègues AESH et agents se sont vus refuser une autorisation d’absence », pour le jour de la fête, au contraire des enseignants, a-t-il par ailleurs indiqué. L’Union des Mosquées de France pour sa part demandé une « enquête en bonne et due forme » : « Les familles doivent être dûment informées et rassurées du devenir des informations données par certains chefs d’établissements ayant, malheureusement, répondu à la sollicitation des policiers. »

Une source proche du dossier avait évoqué auprès de l’AFP une « maladresse » dans la formulation de la demande relayée par les policiers référents de l’Éducation nationale au bénéfice du renseignement territorial.

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