Emeutes après la mort de Nahel M., en direct : 427 interpellations en France en milieu de nuit, des incidents limités

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érald Darmanin a annoncé le déploiement de 45 000 policiers et gendarmes sur tout le territoire samedi soir. Théâtres de violences dans la nuit de vendredi à samedi, Lyon et Marseille bénéficient d’effectifs renforcés.

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05:06 L’essentiel

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Le point sur la situation à 5 heures

  • De nouvelles scènes de pillage et de violences sporadiques ont secoué plusieurs villes de France, dont Lyon, Grenoble, Saint-Etienne et Marseille, dans la nuit de vendredi 30 juin à samedi 1er juillet,mais elle a été marquée par des violences d’une « intensité bien moindre » que les précédentes selon le ministère de l’intérieur, quatre jours après la mort de Nahel, tué par un tir policier au cours d’un contrôle routier à Nanterre.
  • En déplacement à Mantes-la-Jolie (Yvelines), Gérald Darmanin a annoncé vers 2 h 30 471 interpellations au niveau national, dont 120 à Paris, selon la Préfecture de police. Interrogé sur BFM-TV, le ministre de l’intérieur a affirmé « c’est la République qui va gagner, pas les émeutiers », dénonçant « des violences inacceptables à Lyon et à Marseille ».
  • Dans un long message relayé sur Twitter par le capitaine des Bleus, Kylian Mbappé, les joueurs de l’équipe de France de football appellent à « l’apaisement » face à ce qu’ils appellent « un véritable processus d’autodestruction ». « La violence ne résout rien, encore moins lorsqu’elle se retourne inéluctablement et inlassablement contre ceux qui l’expriment, leurs familles, leurs proches et leurs voisins », soulignent-ils, tout en se disant « choqués par la mort brutale de Nahel ».
  • Plus tôt dans la journée vendredi, plusieurs centres commerciaux de la région parisienne avaient été vandalisés, avec la dégradation et le pillage de plusieurs boutiques. Ont notamment été visés les centres Rosny 2, en Seine-Saint-Denis, et Créteil Soleil, dans le Val-de-Marne. Des commerces ont aussi été attaqués dans le centre-ville de Strasbourg.
  • Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin avait annoncé dans l’après-midi, à l’issue d’un deuxième comité interministériel de crise en deux jours, la mobilisation « exceptionnelle » de 45 000 policiers et gendarmes et unités d’élite telles que le GIGN.
  • Emmanuel Macron a appelé « tous les parents à la responsabilité », vendredi après-midi, en conclusion de la réunion de crise du gouvernement. «  La République n’a pas vocation à se substituer à eux », a notamment déclaré le chef de l’Etat, après avoir condamné « avec la plus grande fermeté toutes celles et ceux qui utilisent cette situation et ce moment pour essayer de créer le désordre et d’attaquer nos institutions ».
  • Le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, a détaillé dans une circulaire, vendredi, la réponse pénale « rapide, ferme et systématique » qu’il souhaite voir appliquée à l’encontre des auteurs de violences urbaines, y compris à l’égard des mineurs et de leurs parents.
  • Le ministère de l’intérieur a ordonné aux préfets d’interrompre le service des bus et des tramways sur tout le territoire tous les soirs à partir de 21 heures, afin de limiter la propagation des émeutes qui visent aussi les infrastructures de transport.
  • Vers 23 h 40, jeudi, un habitant de Cayenne, en Guyane, est mort après avoir été atteint d’une balle perdue alors qu’il était sur son balcon, au rez-de-chaussée de son immeuble, ont constaté deux journalistes de la chaîne de télévision Guyane La Première présents sur place, information confirmée au Monde par une source policière. D’après le directeur territorial de la police nationale, le tir était « sans conteste » effectué par des émeutiers.
  • Le maire de Nanterre, Patrick Jarry, a confirmé la tenue des obsèques de Nahel M. samedi. Dans une courte déclaration à la presse à la sortie du conseil interministériel des villes, l’élu a insisté sur « l’urgence qu’il y a à trouver les mots pour sortir de la violence, du cycle de violence ».

Le 30/06 à 14:26 L’essentiel

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Emmanuel Macron « appelle tous les parents à la responsabilité » en conclusion de la réunion de crise du gouvernement

Le président de la République a pris la parole, vendredi après-midi, à la fin de la réunion de crise organisée au ministère de l’intérieur. « C’est la responsabilité des parents de les garder au domicile, et donc il est important pour la quiétude de tous que la responsabilité parentale puisse pleinement s’exercer. J’en appelle au sens de la responsabilité des mères et des pères de famille. La République n’a pas vocation à se substituer à eux », a notamment déclaré le chef de l’Etat, après avoir condamné « avec la plus grande fermeté toutes celles et ceux qui utilisent cette situation et ce moment pour essayer de créer le désordre et d’attaquer nos institutions ».

M. Macron a ensuite annoncé que Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, allait déployer des moyens supplémentaires, qu’Eric Dupond-Moretti, ministre de la justice, allait émettre des circulaires « visant à la fois les majeurs et les mineurs qui ont pu être interpellés et qui seront déférés devant la justice dans les prochaines heures ». Plusieurs événements festifs et rassemblements ont été annulés, a-t-il ajouté sans entrer dans les détails des mesures prises à ce sujet.

Le président a ensuite considéré que les plates-formes et les réseaux sociaux « jouent un rôle considérable dans les mouvements des derniers jours » : « Nous avons vu sur plusieurs d’entre elles, Snapchat, TikTok, et plusieurs autres à la fois, l’organisation de rassemblements violents se faire, mais une forme de mimétisme de la violence, ce qui, chez les plus jeunes, conduit à une forme de sortie du réel. Et on a le sentiment parfois que certains d’entre eux vivent dans la rue les jeux vidéo qui les ont intoxiqués. »

M. Macron a déclaré que les services de l’Etat allaient demander aux plates-formes mentionnées de retirer « les contenus les plus sensibles » et en a appelé à leur « responsabilité », ainsi qu’à leur collaboration pour faire remonter l’identité de ceux « qui utilisent ces réseaux sociaux pour appeler au désordre ou pour exacerber la violence ».

Le 28/06 à 10:33 L’essentiel

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Ce que l’on sait sur la mort d’un adolescent à Nanterre

  • Un automobiliste de 17 ans a été tué, mardi 27 juin à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, par un policier qui a fait usage de son arme. Selon les premiers éléments de l’enquête, le conducteur avait commis plusieurs infractions au code de la route. Un policier a été placé en garde à vue pour homicide volontaire.
  • Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et authentifiée par Le Monde montre le véhicule arrêté, deux fonctionnaires de police se tenant sur le côté au niveau de la vitre avant, dont l’un tient en joue le conducteur. Quand la voiture commence à redémarrer, un des deux policiers ouvre le feu, touchant l’homme au thorax.
  • La séquence, devenue virale, a balayé les éléments de langage distillés d’abord par des sources policières, qui évoquaient un véhicule fonçant vers deux agents dans l’intention de les percuter. Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a qualifié les images « d’extrêmement choquantes », exprimant le souhait d’obtenir « toute la vérité sur ce qu’il s’est passé et, en respectant le temps de la justice, le plus rapidement possible ».
  • Dans la nuit de mardi à mercredi, selon un bilan établi mercredi matin, les vives protestations ont entraîné 31 interpellations et des incidents opposant des habitants de plusieurs villes de la région parisienne aux forces de l’ordre, à Nanterre mais aussi à Asnières, Colombes, Clichy-sous-Bois et Mantes-la-Jolie.

Tout le live

03:47

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Discussion nocturne entre amis à Nanterre

A l’Escale du marché, le dernier café ouvert au centre-ville de Nanterre, quatre amis discutent en terrasse. Ils fêtent l’anniversaire de l’un d’entre eux, Zakaria, 33 ans ce soir. Ils sont tous chauffeurs de bus à la RATP, des « nuiteux » au chômage technique depuis que les transports s’interrompent à 21 heures.

« Ça nous fait mal au cœur de devoir dire aux gens que c’est le dernier bus. Il est 1 heure du matin et normalement, on travaille encore à cette heure-ci », dit Aymeric, le plus âgé d’entre eux. Ils sont inséparables et habitent tous en banlieue parisienne : Aymeric donc, Zakaria, d’origine marocaine, Farid, d’origine algérienne, et Geraldes, né en Martinique. Tous ont entre 30 et 40 ans. Ils ont connu les émeutes de 2005 : « C’était pas pareil, se souvient Farid. On ne s’en prenait pas aux magasins ni aux dépôts de bus. Les gens sont assez pauvres comme ça. »

Mais il comprend la rage qui anime les plus jeunes : « Au moins 50 % des policiers sont des racistes, et ce métier attire des gens d’extrême droite qui sont en plus mal formés. » Il comprend la colère qui est le résultat de cinquante ans de « parcage » des mêmes populations dans les mêmes quartiers. Mais ce qu’il ne comprend pas, c’est l’abandon des parents. Ni les injonctions contradictoires de l’Etat : « Si tu lèves la main sur ton fils, tu as affaire à la police. Mais si tu le laisses traîner dehors aussi. Les gens sont perdus, ils ne savent plus comment élever leurs enfants. » Tous en conviennent : « Nous, on en a bavé avec nos pères qui avaient parfois la gifle facile, mais aujourd’hui on a la chance d’avoir un travail et pas de casier judiciaire. »

Zakaria a envie de partir vivre à l’étranger parfois : « En ce moment, j’ai honte de la France. » Geraldes abonde dans son sens : « Depuis le Covid, ils embauchent n’importe qui à la RATP et en plus, les incivilités ont explosé, ça devient intenable. » Il a peur de l’ouverture à la concurrence qui se profile en 2026 : « On va nous privatiser et on ne sera plus un service public. Il ne faut pas s’étonner que les gens ne respectent plus un Etat qui ne veut plus assumer ses responsabilités. » Pour eux aussi, l’Etat est devenu trop compliqué, lointain, indéchiffrable.

Christophe Ayad

03:30 Sur le terrain

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Aux Champs-Elysées

Des policiers remontent les Champs Elysées en déplaçant des manifestants et des touristes, à Paris, dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023.
Des policiers remontent les Champs Elysées en déplaçant des manifestants et des touristes, à Paris, dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023. WILLIAM KEO POUR “LE MONDE”
Arrestation sur les Champs Elysées, à Paris, dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023.
Arrestation sur les Champs Elysées, à Paris, dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023. WILLIAM KEO POUR “LE MONDE”

03:27

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Nuit calme à Nanterre

Sous la pleine lune, sept camionnettes de gendarmes sont garées devant le tribunal de Nanterre. Les hommes patientent en scrollant sur leurs téléphones. « La nuit est calme », dit l’un d’entre eux, « on n’en demande pas plus. »

La compagnie, venue de Normandie, a été envoyée en renfort pour la nuit. Elle est garée non loin de la préfecture et au bout de l’avenue où se trouvent la mairie et le centre-ville.

Dans la cité Pablo-Picasso où résidait le jeune Nahel, quelques ombres passent ou discutent au pied des immeubles. De nombreuses voitures calcinées n’ont pas encore été enlevées. Pas de rassemblement de jeunes en vue. La fatigue semble avoir gagné tout le monde.

Christophe Ayad

03:22

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Gérald Darmanin annonce 427 interpellations

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, s’est félicité cette nuit, dans un tweet publié à 3 heures du matin, d’une situation plus apaisée en France.

« Nuit plus calme grâce à l’action résolue des forces de l’ordre qui ont notamment réalisé 427 interpellations depuis le début de soirée », a-t-il commenté.

Gérald Darmanin avait annoncé pour ce samedi soir la mobilisation d’un effectif comparable à la veille avec 45 000 policiers et gendarmes, dont 7 000 à Paris et en proche banlieue, où 162 personnes ont été interpellées à 2 h 30.

https://www.lemonde.fr/ajax/live/article/6179556/post/1022149/node/18811408

03:10

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A cette heure-ci peut-on parler d’accalmie, au moins dans certains endroits, ou est-ce identique à ces jours derniers ?

Nox

Bonjour Nox, selon nos journalistes sur le terrain, la situation à ce stade est plus calme que les nuits précédentes, même s’il y a eu des tensions dans certaines villes, notamment à Lyon et à Marseille. Le déploiement important des forces de l’ordre a pu avoir un effet dissuasif : 45 000 policiers et gendarmes sont mobilisés cette nuit sur tout le territoire selon le ministère de l’intérieur, avec un dispositif beaucoup plus musclé engageant des unités d’intervention, des blindés…

02:20

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322 interpellations en France

Selon les chiffres fournis à titre provisoire par le ministère de l’intérieur, 322 personnes avaient, à 1 h 30, été interpellées dans le cadre de violences urbaines, dont 126 à Paris et sa proche banlieue, 56 à Marseille et 21 à Lyon.

02:07 Sur le terrain

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Un hélicoptère de la police survole le quartier de l’Alma, à Roubaix, dans le Nord, dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023.
Un hélicoptère de la police survole le quartier de l’Alma, à Roubaix, dans le Nord, dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023. AIMÉE THIRION POUR « LE MONDE »
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01:53

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Trente interpellations dans la région lyonnaise, selon la préfecture.

01:02 Sur le terrain

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« Les Champs-Élysées sont fermés, rentrez chez vous »

Il est minuit et demi sur les Champs-Elysées. À l’angle de l’avenue George V, les forces de l’ordre demandent aux badauds qui sont nombreux sur la chaussée de remonter sur le trottoir et d’évacuer les Champs-Elysées vers les avenues et rues adjacentes.

« L’idée est de fluidifier la circulation et de faire redescendre la tension », confirme un gendarme mobile.

Une rue plus loin, rue Quentin-Bauchard, un cordon de policier se lance au pas de gymnastique pour faire reculer les éventuels manifestants. Dans un haut-parleur, quelqu’un lance : « Les Champs-Élysées sont fermés, rentrez chez vous ». La foule répond « On n’a pas envie », et en reste là, à attendre.

https://www.lemonde.fr/ajax/live/article/6179556/post/1022103/node/18810530 Pierre Bouvier

00:56 Sur le terrain

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Un bar-tabac dévasté à Marseille

A Marseille, les incidents violents débordent du centre-ville. Peu avant minuit, un cortège d’émeutiers a remonté le Boulevard National (3e arrondissement) en mettant le feu aux poubelles.

Au 142, le bar-tabac Le Bergerac est entouré de policiers et de pompiers. Un véhicule blindé du RAID, l’un des deux en service à Marseille, fait son apparition. A l’intérieur du commerce, le gérant porte des marques de coups. Après la fermeture, il était resté dans son bar-tabac pour garder les lieux. Le rideau de fer a été arraché. « Ils étaient une centaine » souffle-t-il. Le commerce a été entièrement pillé. Cigarettes, jeux à gratter, tout a disparu. Le reste gît dans un désordre total.

Le véhicule blindé du RAID repart. En face, le patron du snack Giant demande à ses serveurs de fermer le rideau. Il glisse : « On ne veut pas de problème avec les jeunes ».

Gilles Rof (Marseille, correspondant)

00:22 Sur le terrain

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A Lyon, la tension baisse mais la situation est précaire

Dans la région lyonnaise, la tension a baissé d’un cran par rapport aux nuits précédentes. L’ambiance est assez calme dans le centre-ville quadrillé de forces de l’ordre, dont la CRS 8, et déserté des badauds du samedi soir. Aucun pillage signalé, pas d’affrontement, mais la situation reste précaire.

Dans les quartiers périphériques, des tirs de mortiers ont résonné, dans le 8arrondissement, à Vénissieux, Villeurbanne et Vaulx-en-Velin. A Givors, une tentative d’intrusion s’est produite dans la médiathèque. La préfecture comptabilise 22 interpellations, dont 10 arrestations préventives en début de soirée.

Richard Schittly (Lyon, correspondant)

00:22 Sur le terrain

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A Roubaix, des habitants sur leur garde

Il est minuit dans le quartier du Cul-du-Four, au nord de Roubaix. Les rues sont calmes, mais certains habitants ont du mal à trouver le sommeil après deux nuits d’émeutes.

Messaouda, médiatrice de santé au CCAS de Roubaix, surveille le moindre mouvement depuis sa fenêtre. Avant-hier, un jeune a essayé de brûler les containers posés devant chez elle après les avoir arrosés d’essence. « Il m’a dit que c’était pas grave, que l’Etat allait me rembourser » raconte-t-elle.

Juste en face de sa maison, l’école Quinet-Bert affiche sur sa porte d’entrée une feuille à grands carreaux sur laquelle on lit, d’une écriture enfantine, « Ne brûlez pas les écoles SVP. Merci » au-dessus d’un smiley qui pleure. A deux pas, la supérette « Stop Prix – Alimentation générale » a échappé aux incendies de voitures dont on distingue encore les traces sur le bitume. Son gérant a prévu de veiller toute la nuit « pour défendre le magasin ».

Messaouda, une habitante de Roubaix (Nord), à sa fenêtre, le 1er juillet 2023.
Messaouda, une habitante de Roubaix (Nord), à sa fenêtre, le 1er juillet 2023. AIMÉE THIRION POUR « LE MONDE »
Un message sur la porte de l’école Quinet-Bert, à Roubaix, le 1er juillet.
Un message sur la porte de l’école Quinet-Bert, à Roubaix, le 1er juillet. AIMÉE THIRION POUR « LE MONDE »

Alexandre Lenoir

00:07 Sur le terrain

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Les Champs-Elysées bien gardés

Stations de métro fermées, fourgons de CRS stationnés, contrôles préventifs et interpellations en amont… Après quatre nuits d’émeutes en France, les Champs-Élysées sont une « no-go zone » et la situation était relativement calme, peu avant minuit samedi soir.

Sur l’avenue elle-même, des cordons de gendarmes tentent d’empêcher les points de fixation en faisant régulièrement refluer, de bas en haut, puis de haut en bas, de l’avenue, quelques groupes de jeunes qui errent ou attendent, mêlés aux passants et aux touristes.

« L’objectif est d’éviter que ça dégénère en empêchant les regroupements tout en filtrant les touristes », explique un gendarme.

Sur les Champs-Elysées, à Paris, le 1er juillet 2023. PIERRE BOUVIER POUR « LE MONDE »
Sur les Champs-Elysées, à Paris, le 1er juillet 2023. PIERRE BOUVIER POUR « LE MONDE » @PIBZEDOG

Les équipages de la BRAV-M montent et descendent l’avenue. De temps à autre, un groupe de jeunes se met à courir en criant et en sifflant, provoquant un petit mouvement de panique et obligeant le dispositif policier à s’adapter.

Au milieu de cet étrange manège, et dans une ambiance parfois électrique mais sans incident notable jusqu’ici, voitures et badauds continuent d’arpenter « la plus belle avenue du monde ».

https://www.lemonde.fr/ajax/live/article/6179556/post/1022010/node/18810093

Pierre Bouvier et Soren Seelow

00:07 Sur le terrain

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Rues désertes à Nanterre

L’ambiance est calme et les rues sont désertes au centre de Nanterre en ce début de soirée. A l’Escale du Marché, le seul bar du centre-ville encore ouvert, quelques clients dînent ou prennent un verre en regardant BFM-TV et en scrutant les réseaux sociaux.

L’assistance est clairsemée, les conversations tournent toutes autour de la nuit dernière, plus calme, et de celle à venir, que l’on espère peu agitée, malgré les funérailles de Nahel cet après-midi. Le patron du café se lamente : « D’habitude, c’est plein le samedi soir ici, là je vais fermer à minuit, il n’y a pas assez de clients. J’espère qu’on va revenir à une vie sociale normale la semaine prochaine. »

Christophe Ayad

23:45 Sur le terrain

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Incidents contenus à Marseille

À Marseille, le quartier de La Plaine, à quelques centaines de mètres d’une Canebiere encore très agitée, semblait vivre un samedi soir classique entre apéros en terrasses et concerts quand il a rapidement basculé dans une autre ambiance. Repoussés par les forces de l’ordre depuis la Canebiere, quelques groupes d’émeutiers sont arrivés sur la place vers 22 heures. Incendies de poubelles, tirs de gaz lacrymogènes, interpellations de trois hommes qui tentaient de dévaliser un tabac. En quelques minutes, les terrasses se sont rapidement vidées et ont été rangées à l’intérieur des bars alors que les pompiers intervenaient pour éteindre les feux.

A 23 heures, la préfecture de police estime que les incidents restent contenus à Marseille, même si elle signale la formation de groupes d’individus à proximité des centres commerciaux de Grand Littoral et du Merlan dans les quartiers Nord et de Bonneveine, tout au sud.

Des marins pompiers éteignent un feu de poubelles sur La Plaine, à Marseille, le 1er juillet 2023. GILLES ROF POUR « LE MONDE »
Des marins pompiers éteignent un feu de poubelles sur La Plaine, à Marseille, le 1er juillet 2023. GILLES ROF POUR « LE MONDE »

Gilles Rof (Marseille, correspondant)

23:28

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Le point sur les interpellations

A 23 h 25, 43 personnes ont été interpellées à Marseille, et 21 à Lyon.

22:45 Sur le terrain

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A Roubaix, début du couvre-feu pour les mineurs : « Ils s’en foutent du p’tit. Ils sont là pour se défouler et pour piller »

Début du couvre-feu dans le quartier de l’Epeule, à Roubaix. A l’instar de Tourcoing et des villes voisines de Wattrelos, Hem et Croix, la commune a instauré un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés de 22 heures à 5 heures du matin.

Le long de la rue de l’Epeule, dont la plupart des Abribus ont été détruits lors des nuits précédentes, on boit le café en terrasse. Sans appréhender de nouveaux incidents. « Ils ont tout cramé, ils reviendront pas », lâche Adil, 30 ans, habitant du quartier, encore étonné par le jeune âge des émeutiers. Il ajoute : « Ils font ça pour le jeu, c’est un concours sur les réseaux. Demain, on coupe la 4G, y a plus d’émeute. »

Devant le restaurant Smash artisanal, endommagé la veille, à Roubaix, le 1er juillet 2023.
Devant le restaurant Smash artisanal, endommagé la veille, à Roubaix, le 1er juillet 2023. AIMÉE THIRION POUR « LE MONDE »

A ses côtés, Slimane, 48 ans, ancien éducateur dans le quartier, acquiesce : « En 2005, ils l’ont fait pour les deux jeunes. Là, c’est pas pareil. Ils s’en foutent du p’tit. Ils sont là pour se défouler et pour piller. » Dans la rue, les vitrines de plusieurs commerces ont été brisées.

Slimane et Adil sont d’accord sur un point : la jeune génération n’a plus de limites. La faute à une éducation jugée trop permissive : « C’est d’la faute à Macron qui a interdit la fessée. Maintenant, si je mets une raclée à mon gamin parce qu’il fait une connerie, on va le placer à l’assistance sociale. Résultat, y a plus de respect. »

Alexandre Lenoir

22:37 Sur le terrain

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A Marseille, tensions depuis plus d’une heure sur la Canebière

Tirs de lacrymogènes, passages de véhicule blindé, courses-poursuites de petits groupes de jeunes dans les rues adjacentes, la Canebière est le théâtre d’incidents depuis plus d’une heure.

Plusieurs centaines de jeunes émeutiers harcèlent l’important dispositif de forces de l’ordre qui a été déployé dans le centre-ville de Marseille. Un hélicoptère de la gendarmerie survole en permanence le quartier.

Devant le Vizir, débitant de tabac près de l’angle de l’avenue avec le cours Belsunce, qui a été pillé deux soirs plus tôt, le patron, qui se fait appeler « boss », monte la garde et fait rentrer les clients au goutte-à-goutte. Il a rameuté des amis pour assurer la sécurité de son nouveau stock de cigarettes. « Pour eux, je vais fermer mon tabac, mon frère ?  », interroge-t-il.

Dans la rue, des groupes de jeunes gens, parfois mineurs, errent. Trois ados, à peine sortis de l’enfance, s’attaquent à la vitrine de l’opticien à côté avec un tournevis. « Quel âge vous avez ? Rentrez chez vous ! », leur crie Abdou, qui tient la pharmacie d’à côté et est venu prêter main-forte à son voisin.

A cette heure, vingt-neuf interpellations ont eu lieu, d’après la préfecture de police.

Gilles Rof (Marseille, correspondant)

21:43

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Dégradations lors des émeutes : les assureurs se disent « mobilisés » mais ne s’engagent pas pour l’instant sur les franchises

France Assureurs a assuré samedi soir à l’Agence France-Presse (AFP) que ses membres étaient « tous mobilisés » pour répondre aux victimes des émeutes, sans toutefois répondre à ce stade à la demande d’abaisser leurs franchises, émise plus tôt par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire.

« Les assureurs sont mobilisés et continueront à répondre présents (…) pour accompagner leurs assurés », a déclaré la fédération, qui compte 252 membres représentant plus de 99 % du marché, selon son site, dans une réponse aux sollicitations de l’agence de presse.

« Accélérer l’indemnisation est particulièrement crucial pour permettre aux professionnels dont l’outil de travail a été dégradé voire détruit de redémarrer rapidement leur activité », a-t-elle relevé. L’organisation professionnelle demande ainsi aux sinistrés de contacter « le plus vite possible » leurs assureurs « par tout moyen de communication ».

Une cellule de crise « organisera des points de situation fréquents entre les assureurs pour suivre l’évolution de la situation, identifier les besoins du terrain et apporter les réponses adaptées », a précisé France Assureurs.

Bruno Le Maire avait demandé aux assureurs, plus tôt samedi, de prolonger les délais de déclaration, de réduire les franchises et d’indemniser rapidement les professionnels victimes des émeutes.

La fédération des assureurs a, selon lui, « pris des engagements formels d’étudier la possibilité de réduire les franchises », lors d’une réunion samedi après-midi à Bercy. France Assureurs n’a pas répondu sur ce point dans sa communication. Un porte-parole a confirmé à l’AFP qu’il fallait s’y tenir « pour l’instant ».

21:25 Sur le terrain

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Sur les Champs-Elysées, des magasins barricadés et des forces de l’ordre positionnées en prévision d’émeutes

Devant un magasin Apple recouvert de planches de protection, sur l’avenue des Champs-Elysées, à Paris, le 1er juillet 2023.
Devant un magasin Apple recouvert de planches de protection, sur l’avenue des Champs-Elysées, à Paris, le 1er juillet 2023. CHRISTOPHE ENA / AP

Des appels à se rassembler dans la soirée sur l’avenue du 8e arrondissement de la capitale, jusqu’ici épargnée par les émeutes, ont été relayés en ligne.

En prévision, des forces de l’ordre sont d’ores et déjà positionnées sur les Champs-Elysées et leurs abords,et ont procédé à 31 interpellations préventives à ce stade.

De nombreuses communes de la région parisienne, mais pas seulement, ont instauré un couvre-feu, tandis que les réseaux de transport en commun ont été fermés plus tôt que prévu, dont celui des bus et tramways d’Ile-de-France à partir de 21 heures.

La première ministre, Elisabeth Borne, devait se rendre samedi soir tard dans la salle de commandement de la police nationale au ministère de l’intérieur, puis dans celle de la Préfecture de police de Paris pour y suivre les opérations de maintien de l’ordre, a appris l’Agence France-Presse de source gouvernementale.

Devant un magasin Lacoste, sur l’avenue des Champs-Elysées, à Paris, le 1er juillet 2023.
Devant un magasin Lacoste, sur l’avenue des Champs-Elysées, à Paris, le 1er juillet 2023. CHRISTOPHE ENA / AP

21:20 Pour approfondir

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Depuis le début des émeutes, les établissements touristiques font face à une vague d’annulations

« Avant-hier soir, j’avais 180 couverts, jeudi soir j’en ai perdu 50, ce soir je n’en ai plus que 40 et pour ce samedi j’ai déjà 38 annulations et seulement… quatre couverts pour ce midi. » Patron du restaurant Baltard, au Louvre, près du quartier des Halles à Paris, Vincent Sitz mesure déjà l’impact sur son activité des émeutes urbaines qui ont suivi la mort de Nahel M., tué par un tir à bout portant d’un policier mardi.

« L’effet semble plus immédiat cette fois que pendant les “gilets jaunes” ou les manifestations contre la réforme des retraites », constate M. Sitz, s’estimant heureux d’être passé à travers les dégradations qui ont touché boutiques et vitrines de banque dans cette zone :

Lire aussi : Emeutes : le secteur du tourisme craint une dégradation de l’image de la France

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21:09

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Le recteur de la mosquée de Villeurbanne lance un appel à « la responsabilité des parents » des émeutiers mineurs

Dans un communiqué diffusé samedi soir, Azzédine Gaci, recteur de la mosquée de Villeurbanne, estime que « la situation sécuritaire dans nos villes et nos quartiers se dégrade dangereusement et devient de plus en plus inquiétante ».

« La mort inadmissible et inexcusable de Nahel ne peut justifier les dégradations, les pillages, les vandalismes et autres attaques avec un niveau effrayant de violence », poursuit l’imam. Il lance ainsi « un appel à toutes les personnes de bonne volonté, et tout particulièrement aux parents, afin de ne pas laisser leurs enfants mineurs (30 % des émeutiers [interpellés]) traîner dehors et de s’assurer qu’ils sont bien rentrés chez eux, avant la tombée de la nuit ».

Un peu plus tôt dans la soirée, le ministre de la justice, Eric Dupont-Moretti, a justement appelé « à la responsabilité des parents » des mineurs prenant part aux émeutes : une responsabilité « civique et morale, ordinaire », mais aussi « si ce n’est pas suffisant, d’une obligation légale ». Un appel déjà formulé dans la semaine par Emmanuel Macron.

« Pour tous ceux qui sont en capacité (…) d’exercer l’autorité parentale, nous exigeons qu’ils tiennent leurs enfants. Et il existe une infraction que le code pénal punit de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende chaque fois que les parents, par leur désinvolture coupable, mettent en péril l’éducation, la moralité et la sécurité de leurs enfants », a déclaré le ministre.

21:07 Pour approfondir

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Mortiers d’artifice, l’arme des émeutes

En trois nuits, des milliers de tirs ont été recensés, partout en France. Stocks accumulés à l’approche du 14-Juillet, techniques de vente agressives : rien ne semble pouvoir enrayer le phénomène, mal contrôlé par les autorités. Un décryptage à lire ici :

Lire aussi : Mort de Nahel M. : comment les mortiers d’artifice, dirigés vers les forces de l’ordre, sont devenus l’arme de base des émeutes

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20:57 Sur le terrain

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A Marseille, où de premières tensions ont lieu depuis le début de soirée, 14 personnes ont été interpellées

Des incidents ont commencé sur la Canebiere et le cours Belsunce à Marseille, samedi. Des petits groupes de jeunes individus sont dispersés par des tirs de grenades lacrymogènes alors qu’ils tentent de pénétrer dans des boutiques.

Quatorze personnes ont été interpellées depuis le début de la soirée, dont sept en flagrant délit alors qu’ils dévalisaient un commerce du centre commercial Grand Littoral, dans les quartiers nord.

Des hommes se dispersent face aux grenades lacrymogènes lancées lors d’affrontements avec les forces de l’ordre à Marseille, le 1er juillet 2023.
Des hommes se dispersent face aux grenades lacrymogènes lancées lors d’affrontements avec les forces de l’ordre à Marseille, le 1er juillet 2023. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Gilles Rof (Marseille, correspondant)

20:25

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Premières condamnations pour pillages de magasins

Plusieurs jeunes ont été condamnés samedi à Bobigny et Paris pour avoir profité des émeutes, qui ont éclaté en réponse à la mort de Nahel M., pour piller magasins de marque ou grandes surfaces.

Dans le centre de Paris, dans la nuit de jeudi à vendredi, plusieurs enseignes ont été dégradées. L’imposant magasin Nike des Halles a été saccagé en vingt-cinq minutes par trente à cinquante personnes, relate le président du tribunal correctionnel. Le préjudice n’a pas encore été fixé, mais 200 paires de chaussures sont manquantes, selon un premier comptage.

Lydia, tout juste 18 ans, a été interpellée cachée dans un local proche du magasin, des produits Nike dans les mains et un bas de survêtement enfilé autour de la tête. Voler, « c’était pas le projet », a-t-elle affirmé samedi.

Vue du magasin Nike vandalisé lors de la nuit de jeudi 29 à vendredi 30 juin, lors de laquelle des manifestants et la police se sont affrontés, au centre commercial Westfield du Forum des Halles à Paris,  vendredi 30 juin 2023.
Vue du magasin Nike vandalisé lors de la nuit de jeudi 29 à vendredi 30 juin, lors de laquelle des manifestants et la police se sont affrontés, au centre commercial Westfield du Forum des Halles à Paris, vendredi 30 juin 2023. LUCIEN LIBERT / REUTERS

Mais plusieurs vidéos éloquentes ont été retrouvées dans son téléphone : à 16 h 36, « on va péta à Châtelet les magasins branchés » avec la mention « 23 heures » ; « on attend les gens (…) on attend juste que ça pète », envoyé à 22 h 39, puis, une fois dans le magasin avec sa copine mineure : « On a péta, regardez tous les vêtements, si on se fait choper, ce sera ma faute ».

La jeune femme a été condamnée à 105 heures de travaux d’intérêt général à réaliser dans l’année, avec aussi interdiction de se rendre à Paris pendant deux mois. L’audience sur le préjudice de Nike est, elle, prévue en juin 2024.

A Bobigny, c’est le pillage d’un magasin Carrefour de Saint-Denis par une cinquantaine d’individus cagoulés dans la nuit de jeudi à vendredi qui a été examiné en audience samedi. Le rideau de fer de la grande surface a été vandalisé, sa porte vitrée pulvérisée à coups de pierres et de marteau. Lorsque les policiers interviennent, sous des jets de projectiles, ils découvrent de nombreux jeunes lestés d’équipements d’électroménagers. Certains prennent la fuite avec leur butin, d’autres l’abandonnent sur place.

Interpellés, quatre jeunes à peine majeurs ont comparu, dont, parmi eux, un employé du magasin qui a guidé les émeutiers jusqu’aux télévisions, et une jeune femme connue du personnel pour des tentatives de vols dans les rayons. Les prévenus ont tous été condamnés à six mois de prison ferme avec mandat de dépôt.

20:10

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A Metz, vive émotion après l’incendie de la médiathèque : « Détruire, ça apporte quelle justice à Nahel ? »

L’incompréhension était grande samedi dans le quartier de Borny à Metz (Lorraine) après l’incendie de la médiathèque durant la nuit de vendredi à samedi.

« C’est un cataclysme incroyable, toute la médiathèque a brûlé », s’est désespéré Patrick Thil, adjoint à la culture, auprès de l’Agence France-Presse : « On allait fêter ses 30 ans l’année prochaine. On avait doublé la surface pour que les jeunes des quartiers qui voulaient travailler, étudier, lire, possèdent un havre de paix. » « C’est totalement incompréhensible, ça revient à détruire ses propres équipements, s’est-il encore désolé. Cela représente plusieurs dizaines de millions d’euros. »

« Détruire bêtement, pour rien, ça n’avance à rien, c’est du gâchis », a regretté le préfet de la Moselle, Laurent Touvet, en déplacement en début d’après-midi à Borny, aux côtés du député Renaissance Ludovic Mendes. Ce dernier a lui-même grandi dans le quartier. « En faisant cela, ils assignent à résidence leurs familles et leurs voisins. Ils n’ont plus de bus. Mais aussi plus la possibilité de s’échapper par la lecture ou la musique. En détruisant la vie culturelle et les lieux de vie de tout un quartier, ces jeunes font passer un autre message. On peut entendre la colère, mais pas ça », a-t-il déclaré.

Sarah, jeune femme de 20 ans habituée de la médiathèque, est également très émue : « Je suis une grande lectrice, c’était un peu mon point de repère, surtout quand j’étais petite. Je connaissais les lieux par cœur. Je n’ai pas les moyens d’acheter les livres, et c’était un lieu de rassemblement. C’était une rare infrastructure dédiée à ça dans le coin. » « Détruire, ça apporte quelle justice à Nahel ? Je n’arrive pas à regarder. C’est trop atroce », s’est-elle encore indignée.

« Les sapeurs-pompiers, victimes de tirs de mortiers, n’ont pas pu intervenir », avait souligné samedi matin le maire de Metz, François Grosdidier, sur Facebook, tandis que la police nationale « n’a pas pu rejoindre la police municipale pour assurer la protection des soldats du feu. Ainsi disparaît la bibliothèque Jean-Macé. »

Samedi midi, deux voitures ont encore brûlé en pleine journée dans ce quartier où la mairie avait déjà été incendiée dans la nuit de jeudi à vendredi. Plusieurs usagers des réseaux sociaux ont également rapporté que les restaurants McDonald’s de Woippy et de Yutz (Moselle) avaient été la cible d’incendiaires.

20:10 Sur le terrain

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Premières tensions en centre-ville de Marseille

Tensions entre les forces de l’ordre et des émeutiers, à Marseille, le 1er juillet 2023.
Tensions entre les forces de l’ordre et des émeutiers, à Marseille, le 1er juillet 2023. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
Des passants traversent la rue et se fraient un chemin entre des policiers et des émeutiers, alors que des gaz lacrymogènes sont tirés, à Marseille, le 1er juillet 2023.
Des passants traversent la rue et se fraient un chemin entre des policiers et des émeutiers, alors que des gaz lacrymogènes sont tirés, à Marseille, le 1er juillet 2023. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

20:02 Sur le terrain

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A Nanterre, lors des funérailles de Nahel M.

Didier Benouari, 36 ans, patron d’un Cash Converters, devant son magasin le lendemain d’une tentative d’effraction, malgré les affichettes « le magasin est vide » collées sur toute la vitrine, à Nanterre, le 1er juillet 2023.
Didier Benouari, 36 ans, patron d’un Cash Converters, devant son magasin le lendemain d’une tentative d’effraction, malgré les affichettes « le magasin est vide » collées sur toute la vitrine, à Nanterre, le 1er juillet 2023. BENJAMIN GIRETTE POUR « LE MONDE »
De gauche à droite : Prosper (le père), Khloe (la tante) et Helen (la mère) de Chris Kaba, 24 ans, tué par un policier lors d’une course-poursuite en septembre 2022, à Londres. Ils sont venus par solidarité devant la mosquée Ibn Badis, pour assister aux obsèques de Nahel M., à Nanterre, le 1er juillet 2023.
De gauche à droite : Prosper (le père), Khloe (la tante) et Helen (la mère) de Chris Kaba, 24 ans, tué par un policier lors d’une course-poursuite en septembre 2022, à Londres. Ils sont venus par solidarité devant la mosquée Ibn Badis, pour assister aux obsèques de Nahel M., à Nanterre, le 1er juillet 2023. BENJAMIN GIRETTE POUR « LE MONDE »

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Nahel M. a été inhumé samedi à Nanterre, en présence de milliers de personnes venues lui rendre un dernier hommage

Pour le dernier hommage rendu à Nahel M. à la mosquée Ibn Badis de Nanterre, la grande mosquée était trop petite pour contenir la foule. Plusieurs centaines de fidèles, hommes d’un côté, femmes de l’autre, ont prié sur la chaussée de l’avenue Georges-Clemenceau, fermée à la circulation par les services municipaux. La presse, conformément à la demande de la famille, n’est pas venue ou s’est tenue à distance, caméras et appareils photos au pied.

Plusieurs milliers de personnes, venues parfois de loin, ont rendu un dernier hommage à l’adolescent tué mardi par un policier après un refus d’obtempérer. Les habitants de la ville oscillent entre abattement, compréhension et crainte de nouvelles émeutes :

Lire aussi : Rage contenue et douleur aux funérailles de Nahel M. à Nanterre

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Olivier Faure se dit « en profond désaccord » avec Jean-Luc Mélenchon sur les violences urbaines

Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, s’est dit samedi « en profond désaccord » avec Jean-Luc Mélenchon, chef de file des « insoumis », concernant son positionnement sur les violences urbaines, lors d’une réunion des socialistes à Lyon.

Invité aux journées d’été du courant minoritaire du PS « Debout les socialistes », farouchement opposé à l’alliance de la Nupes nouée l’an passé avec La France insoumise (LFI) en vue des législatives, le dirigeant socialiste a défendu de nouveau cette alliance, tout en affirmant au sujet des émeutes : « Nous avons raison d’appeler au calme et au retour à la paix civile. »

Les « insoumis » sont accusés de ne pas condamner suffisamment fermement les violences et dégâts commis lors des émeutes urbaines ces deniers jours, tant par leurs opposants, du Rassemblement national au gouvernement, que par une partie de leurs alliés.

Interpellé sur le sujet, notamment par l’ancien député Patrick Mennucci, Olivier Faure a répondu : « Est-ce qu’on doit parler à tout le monde ? Oui, tout le temps, même dans les moments de profonds désaccords, et le moment actuel est un moment de profond désaccord. »

Pour M. Faure, si le point de départ des émeutes est « une colère qu’il faut entendre et à laquelle il faut donner une réponse », « on ne peut pas donner le sentiment d’encourager et d’accepter la violence ». Il s’est dit « pour qu’on ramène la paix civile tout de suite, pour pouvoir répondre ensuite, rapidement, à la question des liens distendus » entre une partie de la population et une partie de la police.

Le premier secrétaire du PS a toutefois précisé à la presse un peu après « ne pas penser qu’on ait franchi la barrière républicaine » avec LFI.

Lire aussi : A gauche, la mort de Nahel M. réactive les clivages et agite la « convergence des soulèvements »

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A Marseille, un dispositif renforcé et déjà en place

Le dispositif de sécurité a été visiblement renforcé et modifié dans le centre-ville de Marseille samedi. Depuis 19 heures et l’arrêt du réseau de transports publics, des véhicules de CRS sont disposés en barrage sur le cours Belsunce et à l’entrée des rues dcommerciales de Rome et de Saint-Ferreol, cibles de très nombreux pillages la nuit précédente.

Le centre commercial de la Bourse est lui aussi gardé par un important cordon de police. A l’angle de la Canebiere et du cours Belsunce, de nombreux groupes de jeunes semblent patienter dans une ambiance moins électrique que la veille. Les opérateurs de trottinettes et de vélos électriques, à qui la municipalité a demandé de retirer leurs flottes, enlèvent leurs derniers véhicules.

Les effectifs de force de l’ordre déjà en place sur la Canebière, à Marseille, samedi 1er juillet en début de soirée.
Les effectifs de force de l’ordre déjà en place sur la Canebière, à Marseille, samedi 1er juillet en début de soirée. GILLES ROF POUR « LE MONDE »

Gilles Rof (Marseille, correspondant)

19:22 Sur le terrain

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A Lyon, la sécurité privée et la CRS 8 à la rescousse, tension entre la préfecture et la mairie

Des agents de sécurité privée vont être sollicités ce samedi soir pour assurer la protection des magasins dans le centre-ville de Lyon. Cette mesure a été proposée ce matin aux autorités par la chambre de commerce et d’industrie (CCI), après le pillage d’une quarantaine de boutiques dans le centre de Lyon au cours de la nuit dernière.

« La chambre de commerce et d’industrie se propose de recruter des agents de sociétés de sécurité pour nous aider dans la protection des commerces » s’est félicitée Fabienne Buccio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Face à la multiplicité des lieux visés par les émeutiers, les forces de police, obligées de passer d’un point à un autre, ont eu du mal à sécuriser les magasins. Après leur intervention, les casseurs revenaient sans cesse sur les lieux les dernières nuits. Ce qui a poussé la préfecture à demander à la mairie de Lyon l’envoi de policiers municipaux pour sécuriser des commerces. Le maire de la ville, Grégory Doucet, aurait refusé à deux reprises, selon les informations du Monde.

« Les policiers municipaux ne sont pas formés au maintien de l’ordre, la configuration était trop dangereuse pour eux », justifie l’entourage de M. Doucet, selon lequel le groupe opérationnel mobile (GOM) de la police municipale était déjà engagé sur la sauvegarde d’un poste de police attaqué. Pour la préfecture, la demande ne relevait pas du strict maintien de l’ordre.

« La coordination a très bien fonctionné avec les maires de l’agglomération, avec le maire de Lyon nous ne sommes pas encore arrivés au bout de notre travail en commun », a déclaré Fabienne Buccio, dans un contexte de tension récurrente entre le ministère de l’intérieur et le maire écologiste de Lyon. La préfète de région a annoncé la mobilisation de la CRS 8, spécialisée dans les violences urbaines, dans la région lyonnaise.

Richard Schittly (Lyon, correspondant)

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19:11

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Comme d’autres événements, le défilé Celine prévu dimanche à Paris est annulé en raison des émeutes

Le défilé de mode Celine prévu dimanche soir à Paris pour dévoiler la collection homme de la marque, est annulé, en raison du risque d’émeutes et du caractère « déplacé » de l’événement, a fait savoir samedi le créateur Hedi Slimane sur ses réseaux sociaux.

Ce dernier évoque d’abord dans son court texte sur Instagram la « sécurité » et « l’évolution incertaine de ces troubles d’une grande gravité ». Puis le créateur stipule qu’« un défilé de mode dans Paris, alors que la France et sa capitale sont ainsi endeuillées et meurtries, semble, de mon seul point de vue, inconsidéré et totalement déplacé ».

Hedi Slimane, considéré comme l’un des créateurs les plus influents de la mode masculine, avait décidé de présenter ses collections en dehors du calendrier officiel de la fashion week.

https://www.lemonde.fr/ajax/live/article/6179556/post/1021465/node/18801553

Les émeutes liées au décès de Nahel M., tué mardi par un policier, et la mobilisation des forces de l’ordre ont conduit depuis vendredi à plusieurs annulations d’événements. La plus importante fut celle des deux dates de la mégastar Mylène Farmer prévues vendredi et samedi au Stade de France.

Par ailleurs, la dernière soirée du festival Fnac Live à Paris vendredi, certains concerts du Barrière Enghien Jazz Festival samedi et dimanche ou encore le Festival des Hauts de Garonne à Floirac et Lormont (Gironde) vendredi et samedi ont également été annulés.

En raison des émeutes, le président de la République, Emmanuel Macron, a également annoncé samedi reporter sa visite d’Etat prévue en Allemagne dimanche.

19:04

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Colombes, ville limitrophe de Nanterre, instaure un couvre-feu dès 22 heures

Dans un communiqué publié samedi soir, Patrick Chaimovitch, le maire de Colombes (Hauts-de-Seine), ville limitrophe de Nanterre, a annoncé l’entrée en vigueur d’un couvre-feu à partir de 22 heures dans sa ville, comme il en a été instauré dans d’autres communes d’Ile-de-France et d’autres régions.

« Cette 4e nuit de suite [celle de vendredi à samedi], comme dans tout le département des Hauts-de-Seine, notre ville a été le théâtre de scènes d’émeutes, de dégradations et de pillages inacceptables. Rien ne justifie qu’on s’en prenne aux personnes, aux services publics, aux institutions et aux forces de l’ordre et de secours », écrit-il, « condamnant fermement » ces violences et appelant à une « réponse collective [qui] doit être apportée pour conduire à l’apaisement et nécessite la mobilisation de tous ».

« La municipalité a décidé de prendre un arrêté de couvre-feu sur l’ensemble de la ville à partir de ce 1er juillet de 22 heures à 6 heures du matin, pour tous les habitants sans distinction d’âge et ce jusqu’au mardi 4 juillet, 6 heures », précise l’édile.

Dans le département, un couvre-feu sera également en vigueur à Clamart à partir de 21 heures pour plusieurs jours, ainsi qu’à Meudon, Levallois-Perret ou encore à Asnières dès 22 heures.

18:51 Urgent

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Gérald Darmanin annonce le déploiement de 45 000 policiers et gendarmes samedi soir, avec des effectifs renforcés à Marseille et Lyon

En visite au commissariat de Dreux (Eure-et-Loir), le ministre de l’intérieur a déclaré lors d’un point de presse samedi en début de soirée que le nombre de forces de l’ordre déployées en France samedi soir serait le même que vendredi, à savoir 45 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire.

« Avec les mêmes moyens : les hélicoptères de la gendarmerie, les moyens d’intervention de la BRI, du RAID et du GIGN, les pelotons de la garde républicaine », a-t-il détaillé.

Les effectifs sont toutefois renforcés à Marseille et à Lyon avec cinq unités de forces mobiles supplémentaires dans chacune des villes, a-t-il confirmé, conformément aux demandes des édiles concernés et à la montée des tensions que les deux communes ont enregistrée dans la nuit de vendredi à samedi.

La CRS 8, spécialisée dans les violences urbaines, sera déployée à Lyon et trois compagnies de CRS, soit 200 agents, envoyées à Marseille.

18:37 Pour approfondir

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L’ancien maire de Clichy-sous-Bois, qui fut au cœur des émeutes de 2005, confie au  Monde ses inquiétudes sur les conséquences des violences urbaines déclenchées par la mort de Nahel M :

Lire aussi : Olivier Klein, un ministre délégué à la ville dans la tourmente des émeutes

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18:21

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Le maire de Charleville-Mézières, ciblé par des jets de bouteilles vendredi soir lors de troubles dans sa ville, porte plainte

Boris Ravignon, maire (LR) de Charleville-Mézières (Ardennes) a déclaré avoir porté plainte samedi après avoir été la cible de jets de bouteilles alors qu’il éteignait un feu de poubelles allumé par des émeutiers, vendredi soir.

« Avec plusieurs élus, nous avions décidé d’aller sur le terrain pour éviter la destruction de nos équipements comme on a vu dans d’autres villes », a-t-il dit à l’Agence France-Presse. « On s’était équipés d’extincteurs, on a éteint des feux avec des habitants, et une poignée de jeunes ont commencé à jeter des bouteilles en notre direction », a ajouté l’édile.

Aucun élu n’a été blessé, mais la voiture dans laquelle ils s’étaient repliés a eu la vitre arrière brisée par les bouteilles jetées en leur direction. « Il s’agissait d’une quinzaine de jeunes excités manifestement mineurs, qui s’amusaient » à provoquer la police, a estimé M. Ravignon.

Deux policiers ont été blessés dans la nuit de vendredi à samedi lors de leurs interventions destinées à sécuriser l’intervention des pompiers à la Ronde-Couture, où une cinquantaine de personnes mettaient feu à des poubelles, a rapporté la préfecture dans un communiqué.

Dans la Marne voisine, trente-six personnes ont été interpellées après des incidents dans trois quartiers de Reims et dans le centre de Châlons-en-Champagne, selon la préfecture, qui décompte un blessé parmi les forces de l’ordre. Quatre bâtiments ont été incendiés dans cette dernière ville, dont un immeuble, un centre social et une école.

18:00 Pour approfondir

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Après trois jours de chaos dans l’agglomération tourangelle, le maire écologiste de Tours, Emmanuel Denis, était sur le qui-vive, vendredi 30 juin au soir, pour tenter d’éviter de nouvelles violences urbaines. Un reportage à retrouver ici :

Lire aussi : Après la mort de Nahel M., une nuit avec un maire sous tension, à Tours : « Il faut rentrer, les gars. Ça peut mal finir »

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17:34

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Eric Dupont-Moretti répète sa fermeté face aux jeunes émeutiers, cible Snapchat et appelle « à la responsabilité » morale et légale de leurs parents

Lors d’un point de presse tenu au tribunal judiciaire de Créteil (Val-de-Marne), où il s’est rendu samedi après-midi, le ministre de la justice, Eric Dupont-Moretti, a évoqué la circulaire qu’il a prise vendredi afin de demander une réponse judiciaire « rapide, ferme et systématique », qui cible notamment les jeunes utilisant les réseaux sociaux pour mobiliser les émeutiers depuis mardi soir.

Il a notamment évoqué le fait « inédit » « d’aller chercher chez les opérateurs l’adresse IP, dans un premier temps, puis les noms ensuite de ceux qui communiquent pour aller créer le désordre ». « Plusieurs qualifications peuvent être envisagées, dont celles d’association de malfaiteurs ou de complicité », a-t-il ajouté.

« Je veux que la jeunesse sache, de façon claire, que les procureurs de ce pays iront chercher l’identité des utilisateurs des réseaux, notamment Snapchat, qui sont pour ces jeunes un vecteur de communication pour donner le lieu, le moment et la cible de l’agression. Que personne ne pense que derrière ces réseaux sociaux, il y a l’impunité », a-t-il fait valoir.

Le ministre a également appelé « à la responsabilité des parents » des mineurs prenant part aux émeutes : une première « civique et morale, ordinaire », mais aussi « si ce n’est pas suffisant, d’une obligation légale ».

« Pour tous ceux qui sont en capacité (…) d’exercer l’autorité parentale, nous exigeons qu’ils tiennent leurs enfants. Et il existe une infraction que le code pénal punit de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, chaque fois que les parents, par leur désinvolture coupable, mettent en péril l’éducation, la moralité et la sécurité de leurs enfants », a-t-il déclaré.

Le garde des sceaux a ensuite ajouté : « Il n’est pas normal que des enfants de 13 ans traînent dans les rues pour aller piller des magasins, des bijouteries ou saccager des mairies, des commissariats, des tribunaux. Il faut que ça s’arrête et nous serons tous au rendez-vous des obligations qui sont les nôtres. »

17:05 Urgent

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Le ministre de l’économie demande aux assureurs de baisser les franchises et d’indemniser rapidement les commerces victimes de pillages et de dégâts

« Nous avons demandé aux assureurs de faire preuve de la plus grande simplicité dans le traitement des procédures », de « réduire au maximum les franchises » et d’indemniser « le plus vite possible » les professionnels victimes des émeutes, a déclaré Bruno Le Maire samedi.

« Cela concerne tout le territoire », et notamment 250 débits de tabac, 250 agences bancaires, 200 magasins de grande distribution, d’Aldi à Monoprix, de restauration rapide et de nombreux petits commerces de mode ou d’articles de sport, a relevé le ministre.

Il a aussi déclaré avoir demandé aux banques « la plus grande compréhension en termes de traitement des échéances » des commerçants et entrepreneurs touchés.

Le ministre de l’économie s’exprimait aux côtés de la ministre déléguée aux PME et au tourisme, Olivia Grégoire, en fin d’après-midi depuis Bercy, lors d’un point sur la situation des commerces pillés, après avoir reçu des représentants des commerçants, des hôteliers-restaurateurs, des assureurs et des banques françaises.

Des cellules de crise sont réactivées dans chaque département et « nous voulons apporter des réponses rapides et fortes », a encore dit M. Le Maire, en relevant que « 90 à 95 % des commerçants sont couverts par des assurances sinistres et dégâts ». Un report de paiement de charges sociales et fiscales pour les entreprises en difficulté sera aussi possible, tandis que la possibilité de prolonger les soldes d’une semaine pour les commerces affectés est à l’étude.

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, accompagné d’Olivia Grégoire,  ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises et du commerce, s’expriment devant des journalistes à l’issue d’une rencontre avec les représentants des commerces, des banques et des assurances à Bercy, le 1er juillet 2023.
Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, accompagné d’Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises et du commerce, s’expriment devant des journalistes à l’issue d’une rencontre avec les représentants des commerces, des banques et des assurances à Bercy, le 1er juillet 2023. STEFANO RELLANDINI / AFP

17:00 Sur le terrain

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En Guyane, une nuit relativement calme, à l’exception d’un quartier à Macouria où des affrontements ont eu lieu

La nuit de vendredi à samedi a été globalement calme en Guyane, à l’exception du quartier de Soula dans la ville de Macouria, située à une vingtaine de kilomètres au nord de Cayenne.

Dans ce nouveau quartier « mixte » d’environ 4 000 habitants, un bus et une voiture ont été incendiés près d’un supermarché, et des jeunes et les gendarmes se sont affrontés toute la nuit.

« A 20 h 30, nous avons essuyé les premiers jets de projectiles, des bouteilles en verre et quelques pavés, lancés par une quinzaine d’individus », explique au Monde le lieutenant-colonel Arnaud Amestoy, commandant de la compagnie de Kourou. Un jeune de 19 ans a alors été interpellé en possession d’une bouteille de white-spirit et d’un briquet. « Vers 22 h 30, on apprend sur les réseaux sociaux qu’ils envisagent de piller le supermarché de Soula », ajoute le lieutenant-colonel.

A ce moment-là, les émeutiers étaient une trentaine, « la plupart âgés de 12 à 18 ans, avec quelques grands », selon l’officier. Alors qu’ils lançaient toujours des projectiles cachés derrière des poubelles, ils ont été tenus à distance du supermarché à coups de grenades lacrymogènes, avant d’incendier une voiture et un bus stationnés près de là.

Peu après, alors que les gendarmes étaient toujours engagés à Soula, des jeunes du quartier informel de « Sablance » (maisons construites illégalement, où vivent plus de 4 000 personnes), situé face à Soula, ont érigé une barricade sur le rond-point de la cité, bloquant dans un sens la circulation sur la route nationale 1, principal axe routier du littoral guyanais. Une quinzaine de gendarmes venus en renfort de Cayenne ont permis de repousser les jeunes, mais la direction de l’équipement de l’aménagement et du logement (DEAL) a mis deux heures avant de réussir à dégager le rond-point. Les émeutiers se sont repliés vers 2 h 30, tandis que les pompiers ont fini d’éteindre les incendies vers 4 heures. Le supermarché n’a pas été touché.

Le préfet de Guyane, Thierry Queffelec, a quant à lui détaillé vendredi soir les mesures prises suites aux violences urbaines. Condamnant des « violences extrêmement graves [ayant] engendré la mort d’un homme, touché par une balle perdue tirée par des émeutiers », jeudi dans la nuit à Cayenne, et appelant « au calme », il a émis plusieurs mesures de sécurité et de restriction s’étalant jusqu’au 3 juillet.

Elles prévoient l’arrêt de la circulation des transports en commun après 20 heures dans la communauté d’agglomération du Centre Littoral, qui comprend notamment Cayenne et périphérie, l’interdiction de transporter certains produits dangereux (combustibles, artifices de divertissement) dans l’ensemble de la Guyane, tout comme l’interdiction du port ou du transport d’armes ou de munitions sur l’île de Cayenne (Cayenne, Rémire-Montjoly, Matoury), à Macouria, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni, et une recommandation de fermeture des commerces dès 20 heures.

Laurent Marot (Cayenne, correspondant)

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