Fumeur à 11 ans, vendeur à 18 : « Bitchou », jeune dealer de l’Oise condamné à dix mois de prison

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Le 26 avril, les policiers ont interpellé Mathéo L. dans le quartier du Clos-des-Roses, à Compiègne. Connu de la justice depuis ses 13 ans, le jeune fait partie de ces enfants sans attache exploités par les trafiquants. Déjà condamné 14 fois, il a été conduit en détention.

Mathéo L. traîne depuis des années dans le quartier du Clos-des-Roses, à Compiègne. Il fait partie de ces mineurs de l’assistance éducative « récupérés » par les trafiquants de drogue. Ce mardi, il était jugé pour la première fois en tant que majeur au tribunal de Compiègne pour trafic de stupéfiants. Mais le juge des enfants ne le connaît que trop bien, Mathéo L. ayant déjà 14 mentions à son casier judiciaire : trafic de stupéfiants, dégradations, violences, outrages…

Il a même déjà fait de la prison. « Son surnom, c’est Bitchou, indique la procureure de la République de Compiègne, Marie-Céline Lawrysz. Il est suivi par la juridiction des mineurs depuis ses 13 ans et tout a été mis en œuvre, mais c’est un échec. Maintenant, il fait plus que le guet, il deale. Il est devenu une figure intemporelle qu’on retrouve dans des clips de rap du quartier et sur les points de deal. »

Il travaillerait pour au moins cinq trafiquants

Le 26 avril, Bitchou est aperçu par une patrouille, square Gustave-Charpentier, où les trafiquants tiennent boutique. Il y mène une transaction et échappe à la vue des policiers qui le coursent et finissent par le rattraper. Dans sa fuite, il perd un sachet en plastique. Dedans, il y a plus de 146 g de cannabis, cocaïne et héroïne conditionnés en pochons et capsules, ainsi que 100 euros en liquide. Une feuille de compte fait état des transactions réalisées : 860 euros le 21 avril, 870 euros le 23. Un téléphone est également retrouvé ainsi que les clés du domicile d’un dealer bien connu de la justice.

Bitchou connaît les codes de la cité et ne dira que le strict minimum, même si la procureure sait qu’il travaille pour au moins cinq trafiquants. « C’est Bobo qui m’a prêté ce téléphone. Je n’en sais pas plus, assure le jeune homme. Le sac n’est pas à moi. Je ne vendais pas, j’achetais 2 g de shit. » Mathéo L. consomme depuis ses 11 ans. Il fume une dizaine de joints par jour.

« Il est tout seul »

Alors qu’il devrait vivre avec sa mère dans un village à une dizaine de kilomètres de là, il squatte au Clos, hébergé par des « amis ». « Il est tout seul. Sa mère souffre de graves addictions. Je l’ai appelée, elle n’a pas répondu, déplore son avocat, Me Romain Mampouma. Son père n’est pas là. Il faut insister, lui donner un avenir. » Mais pour les juges, tout a été tenté.

Pour l’extraire de ce trafic, il purgera dix mois de prison ferme. Une interdiction de séjour au Clos-des-Roses de trois ans a également été prononcée à l’issue de l’audience.

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