Immigration : entre Darmanin et LR, des mains tendues qui peinent à se trouver

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Nicolas Kovarik/IP3 Dozule, France le 26 Septembre 2016 Gerald Darmanin et Eric Ciotti lors d une visite d une exploitation agricole laitiere dans le Calvados avec le candidat a la primaire de la droite -FRANCE ONLY- (MaxPPP TagID: maxnewsfrthree794454.jpg) [Photo via MaxPPP]

Après le pas en avant, dimanche, du ministre de l’Intérieur dans Le Parisien sur la question migratoire, les LR, s’ils saluent l’intention, sont encore très loin d’accepter un accord politique.

C’est l’histoire de deux mains tendues qui peinent sérieusement à se trouver. D’un côté, les Républicains qui ont lancé leur offensive sur l’immigration la semaine dernière en dégainant deux propositions de loi. Et de lancer un « chiche » de défi à Emmanuel Macron, l’invitant à reprendre leurs idées… De l’autre, celle du gouvernement avec la réponse du ministre de l’Intérieur, « chiche, travaillons ensemble ! », ce dimanche, dans Le Parisien. Alors banco ? On est encore loin d’un accord politique.


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Dans son interview, le locataire de Beauvau cajole son ancienne famille politique, en louant les idées avancées par le trio Éric Ciotti, Olivier Marleix et Bruno Retailleau. Des ténors auxquels il a pris soin de faire passer son interview juste avant sa publication et d’échanger dans la foulée pour convenir d’un rendez-vous.

« Il y a des propositions, nombreuses, sur lesquelles nous sommes d’accord. D’autres où ça ne sera pas possible », prévient néanmoins Darmanin. Oui au conditionnement des visas, pourquoi pas à l’instauration de quotas annuels d’immigration. Niet à toute réforme constitutionnelle et la possibilité pour la France de déroger à certains engagements internationaux, vis-à-vis de la Cour européenne des droits de l’homme. Laquelle prend, selon LR, des décisions qui dépossèdent la France de sa gestion migratoire. « Il n’y aura pas d’accord à n’importe quel prix. Chacun doit faire un pas », prévient Gérald Darmanin, qui ne ferme, cependant, pas totalement la porte à un référendum.

Sur la forme, la droite salue le dialogue. Sur le fond, moins. « Nous sommes ouverts à la discussion. Il peut y avoir une voie de passage à trouver ensemble, à condition d’avoir un texte utile, et de ne pas faire du en même temps », nous confie le chef des sénateurs LR, Bruno Retailleau. Or, en l’état : « Le texte de Gérald Darmanin ne changera rien. »

Des « slogans » plutôt que des « réponses efficaces » selon Borne

La création d’un titre de séjour pour les travailleurs immigrés présents depuis plusieurs années sur le territoire est une ligne rouge pour LR, qui estime que cela créerait une nouvelle filière d’immigration illégale. Il y a quelque temps, le patron de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, Sacha Houlié, un des tenants de l’aile gauche macroniste, n’est-il pas allé voir Bruno Retailleau pour lui dire que jamais l’Assemblée ne validerait la totalité des propositions de la droite ? Ligne rouge contre ligne rouge.

Ce dimanche matin sur Radio J, Élisabeth Borne a déploré que la droite propose des « slogans » plutôt que des « réponses efficaces ». Pas de quoi mettre de l’huile dans les rouages. « Pour l’instant, je note des messages totalement contradictoires entre Élisabeth Borne et Gérald Darmanin », déplore le patron de LR, Éric Ciotti, qui se dit « déterminé à faire aboutir » les propositions formulées par la droite. L’élu niçois se satisfait d’avoir « fait sortir le gouvernement de l’immobilisme », alors que l’examen d’un projet de loi Immigration a été plusieurs fois repoussé depuis septembre dernier.

« S’ils n’ont pas envie de travailler avec nous, qu’ils font de la politique, alors ce n’est plus un parti de gouvernement, mais un club de pensée », tacle-t-on à Beauvau, la main cependant toujours tendue. Si le ministre de l’Intérieur espère faire voter un texte sur l’immigration à l’automne, la droite déposera, selon nos informations, sa première proposition de loi sur le sujet dès ce mardi. Les mains restent tendues, ça n’empêche pas de continuer le bras de fer.

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