Le déficit public pour 2023 grimpe à 5,5 %, au-delà des prévisions du gouvernement

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Paris, France, le 18 mars 2024. Emmanuel Macron, le président de la République, a reçu à l'Elysée pour les 80 ans du CRIF, le Conseil représentatif des Institutions juives de France. Photo : LP / Olivier Corsan

Le chiffre désormais consolidé dépasse largement les 4,9 % initialement prévus par le gouvernement, et impose de nouvelles économies, après le premier tour de vis de 10 milliards le mois dernier.

Le chiffre le plus attendu de la semaine, et même du mois. Après des jours d’une attente fébrile, l’Insee a officialisé, comme prévu, ce mardi, le déficit public pour 2023. Il s’élève à 5,5 % du PIB, à 154,0 milliards d’euros, montrant l’ampleur du dérapage des dépenses de l’État l’an dernier, par rapport aux recettes. Le gouvernement avait initialement envisagé un déficit à 4,9 % du PIB, un chiffre bien en deçà de la réalité, montrant à quel point la trajectoire de désendettement de la France s’annonce ardue.

Le chiffre établi par l’Institut national de la statistique est légèrement inférieur aux craintes du rapporteur général de la commission des Finances du Sénat, Jean-François Husson. Tablant sur un déficit de 5,6 % lors d’une visite surprise à Bercy jeudi dernier, le sénateur LR a reproché sa « gestion budgétaire calamiteuse » à l’exécutif.

La dette publique à 110,6% du PIB

La dette publique française atteint elle 110,6% du PIB fin 2023, a précisé l’Institut national de la statistique et des études économiques. C’est moins qu’en 2022, où elle s’affichait à 111,9%, mais presque un point de pourcentage au dessus de la prévision du gouvernement (109,7%).

Troisième pays le plus endetté de la zone euro, la France s’est engagée à ramener son déficit sous 3 % du PIB en 2027, une ligne que Bruno Le Maire a promis vendredi de tenir « coûte que coûte ». Pour maintenir le cap de 3 %, le gouvernement devra effectuer un nouveau tour de vis budgétaire, a prévenu vendredi Emmanuel Macron. Dix milliards d’euros de coupes ont déjà été actés mi-février dans le budget 2 024. Mais il faudra compléter « dans toutes les actions utiles de la dépense publique », a indiqué Emmanuel Macron, visant notamment les dépenses sociales ou des collectivités locales – qui représentent ensemble 70 % des dépenses publiques, a rappelé Bruno Le Maire dans un entretien à Sud Ouest publié samedi. « Nous n’augmenterons pas les impôts », répète-t-il par ailleurs à chacune de ses prises de parole.

La majorité divisée sur les solutions à appliquer

Dans un entretien à RTL lundi, François Bayrou a, lui, insisté pour un débat sur une hausse ciblée des impôts, emboîtant le pas à la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet qui jugeait nécessaire de réfléchir à la possibilité de taxer les superprofits de certains fleurons. « Une discussion peut être ouverte. Le ministre de l’Économie et des Finances est en train de préparer le budget de l’année prochaine (…) Il est bon que le gouvernement et les parlementaires s’asseyent autour de la table et qu’ils explorent librement », a fait valoir le président du MoDem et Haut-commissaire au plan.

Avant les dernières évaluations de déficit, la Cour des comptes évaluait déjà à 50 milliards les économies que le gouvernement devait dégager pour revenir à 3 % en 2027. Prochaine étape : le gouvernement a invité jeudi les présidents de groupes au Parlement, les présidents des commissions des finances des deux Assemblées ainsi que les rapporteurs du Budget pour une réunion d’information sur les finances publiques, en présence de Bruno Le Maire et de Catherine Vautrin, la ministre du Travail.

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