Paris : des élèves de l’école d’hôtellerie Vatel en grève contre des professeurs « harceleurs »

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Students prepare an eco-responsible meal in the kitchen of the Ferrandi Hotel and Catering professional school, in Paris, on November 14, 2019. (Photo by Christophe ARCHAMBAULT / AFP)

Ils dénoncent des insultes notamment homophobes, des gestes inappropriés, des violences de la part de deux chefs dispensant des cours de cuisine.

Une promotion entière d’étudiants en management hôtelier de la célèbre école Vatel à Paris est en grève depuis trois semaines pour exiger le renvoi de professeurs accusés de « harcèlement sexuel et moral ». Depuis le 27 mars, la soixantaine d’élèves de troisième année de Bachelor de l’école refuse d’aller en cours de cuisine.

Ils dénoncent le comportement de certains professeurs du restaurant d’application ouvert au public, où les étudiants apprennent en pratique les métiers de la cuisine et de la salle par sessions de trois semaines. Cette grève a entraîné la fermeture du restaurant, dont les réservations sur Internet sont closes jusqu’au 10 mai.

Créé il y a 42 ans par Alain Sebban et par son épouse – décédée depuis -, Vatel se présente comme le premier groupe mondial d’enseignement du management de l’hôtellerie avec 52 écoles dans 32 pays et un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros.


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Les étudiants ont dénoncé, lors d’une enquête du site d’investigation Médiacités, puis auprès d’autres médias, des insultes notamment homophobes, des gestes inappropriés, des violences (brûlures volontaires avec une casserole) de la part de deux chefs du restaurant, celui du service du midi et celui du soir. Ils ont aussi accusé le chef pâtissier de harcèlement sexuel.

Selon Médiacités, 141 étudiants ont signé dès 2020 une tribune faisant état de « dysfonctionnements (…) parmi lesquels le mépris et le manque de respect du personnel encadrant », qui est restée sans réponse. Dans un courrier aux élèves daté du 5 avril, le directeur de l’école Dov Sebban a admis des « faits incontestablement inacceptables » et promis pour septembre un « dispositif d’alerte et de prise en charge d’éventuels risques psychosociaux ».

Le départ des mis en cause souhaité

La grève doit néanmoins se poursuivre jusqu’au 5 mai, soit la dernière semaine de pratique de l’année scolaire, a annoncé une élève souhaitant rester anonyme par crainte de représailles, la remise des diplômes approchant. Les étudiants se disent « toujours insatisfaits » dans une lettre adressée à Dov Sebban.

« Nous souhaitons le départ des personnes » mises en cause, « ne souhaitons pas que ces actes se réitèrent et que les cours d’application pratique demeurent une source d’anxiété pour une majorité d’étudiant(e) s », expliquent-ils. « Les solutions que vous avez semblé vouloir nous apporter, comme des réunions avec les délégués, qui n’ont pas eu lieu, ou une enquête interne qui sera lancée à la fin du mois, ne permettent de répondre que partiellement à nos demandes », affirment les étudiants.

Interrogée par l’AFP ce mardi, la direction a fait valoir n’avoir « à ce jour », « été saisi(e) d’aucune plainte pénale, signalement de services administratifs, médicaux ou sociaux, d’aucune réclamation nominative », et rappelé qu’un comité d’alerte sur les risques psychosociaux sera « opérationnel en septembre ».

Après avoir eu connaissance de la grève des étudiants de Vatel Paris, un prestigieux groupe suisse d’écoles hôtelières et de management, préférant rester discret à ce stade, a décidé de proposer aux élèves de Vatel Paris de poursuivre leurs études dans l’un de ses établissements. « Nous sommes prêts à leur offrir de poursuivre leurs études avec nous, avec la possibilité d’accéder à une bourse d’études partielle pour les aider et les motiver surtout après leur expérience négative », a indiqué une porte-parole, précisant que « toute l’équipe a été choquée » par les faits relatés par les élèves de Vatel Paris.

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