Que va faire Emmanuel Macron en Afrique, pour sa tournée de 5 jours ?

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Le président de la République se rend au Gabon, pour un sommet sur la biodiversité, puis en Angola, au Congo et en République démocratique du Congo (RDC).

POLITIQUE – Cinq jours, quatre pays : Emmanuel Macron s’envole pour une tournée en Afrique centrale qui commence à Libreville mercredi 1er mars pour s’achever à Kinshasa dimanche. Au menu : une visite au Gabon, pour un sommet sur la biodiversité, puis des déplacements en Angola, au Congo et en République démocratique du Congo (RDC).

Une séquence internationale importante pour le président de la République, désireux de tourner la page Barkhane et de bâtir un nouvel « agenda partenarial » avec les pays africains. « Nous avons destin lié avec le continent (…) le moment est venu de faire un choix sur les rapports que nous voulons avoir », a-t-il expliqué lundi 27 février, depuis l’Élysée en présentant sa stratégie diplomatique et militaire « gagnant – gagnant » sur ce continent où l’influence de la France est contestée.

Le programme de la tournée présidentielle affiche donc complet. Et l’ordre du jour s’annonce varié, de l’alimentation à la culture en passant par la santé et l’environnement… Autant de dossiers qui permettent à Emmanuel Macron de continuer à s’extraire du débat national éruptif sur les retraites.

De la forêt à l’industrie culturelle

Le premier thème mis à l’honneur sera la préservation des forêts. Dès mercredi, le président de la République copréside une édition du One Forest Summit, avec le Gabon, à Libreville, au cœur de la forêt du bassin du Congo, la deuxième forêt tropicale du monde en matière de superficie. Pour l’Élysée, il s’agit de mettre la lumière sur « les enjeux de ce bassin », les « menaces », mais également les « solutions », car « c’est à cette échelle que se développent les pratiques exemplaires en matière de gestion forestière. »

Autre dossier majeur : l’agriculture. Ce sera le « thème central » de la visite du chef de l’État en Angola, vendredi 3 mars. Le pays aux 34 millions d’habitants « souhaite rehausser sa souveraineté alimentaire et a souhaité que la France soit un partenaire qui l’accompagne dans ce domaine », explique un conseiller d’Emmanuel Macron avant son départ.

Viendront ensuite le Congo, puis la République démocratique du Congo, pour des échanges tous azimuts, sur la santé – Emmanuel Macron doit notamment rencontrer le professeur Jean-Jacques Muyembe à Kinshasa, le chercheur à l’origine de la découverte du virus Ebola – ou la culture par exemple. Ce n’est pas un hasard si le chef de l’État a promis une nouvelle loi pour encadrer la restitution d’œuvres d’art lors de son discours lundi à l’Élysée, quelques heures avant son départ.

« La culture et le partenariat dans le domaine de la culture seront au centre de nos deux étapes sur les deux rives du fleuve Congo », explique même un conseiller du chef de l’État en marge de la tournée. Concrètement, Emmanuel Macron prévoit de multiplier les rencontres avec des artistes locaux ou des entrepreneurs de la filière des industries culturelles et créatives pour construire des ponts avec la France.

Souvenez-vous, Ouagadougou

En résumé, la tournée du président de la République vise à répondre à « une intense demande de liens avec la France, que ce soit dans le domaine politique, dans le domaine économique, dans le domaine culturel », selon les mots de l’Élysée. Elle vise également à mettre en lumière le changement de « posture » et de « logiciel » que veut incarner Emmanuel Macron vis-à-vis du continent, en tournant la page d’une présence militaire très visible et qui a pu nourrir un sentiment anti-français.

Cette tournée s’inscrit effectivement dans la suite de son discours à Ouagadougou, en 2017, au Burkina Faso, quand il avait marqué sa volonté de tourner la page avec la politique africaine postcoloniale de Paris, la « Françafrique », une politique empreinte de collusions politiques et de liens sulfureux, et tendu la main à une jeunesse africaine de plus en plus méfiante vis-à-vis de la France.

Dans ce contexte, les questions sécuritaires seront bien sûr abordées lors des différents échanges cette semaine, mais « replacées dans le cadre d’un partenariat plus large, dont la sécurité est une des composantes », insiste-t-on encore au Palais présidentiel. Comme un symbole, Emmanuel Macron n’a pas attendu de poser le pied en Afrique pour annoncer, lundi, la « transformation » de nos bases militaires sur le continent, cet « héritage du passé. »

Désormais, le chef de l’État veut penser cette relation au présent en poursuivant la voie qu’il a tracée en 2017 lors de son premier quinquennat. Une façon de dessiner cette nouvelle architecture comme l’un des marqueurs de son second mandat… À l’heure où son gouvernement patine sur la scène nationale et la réforme des retraites.

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