Suicide de Lucas : les quatre collégiens reconnus coupables de harcèlement, pas de la mort de l’ado

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Des mesures éducatives provisoires ont été prononcées à l’encontre des quatre élèves en attendant la prochaine audience qui décidera de leurs sanctions, fixée au 22 janvier 2024.

Lucas, 13 ans, a-t-il été poussé au suicide à force d’être harcelé ? Le tribunal pour enfants d’Épinal a tranché ce lundi, en jugeant coupables de harcèlement les quatre collégiens de Golbey (Vosges). Le tribunal n’a toutefois pas retenu de lien de causalité entre ces faits et le suicide de l’adolescent de 13 ans.

Pour l’heure, des mesures éducatives provisoires ont été prononcées à l’encontre des quatre collégiens en attendant la prochaine audience qui décidera de leurs sanctions, fixée au 22 janvier 2024. Ils encourent jusqu’à 18 mois de prison. Une peine maximale qui aurait été beaucoup plus sévère si le tribunal les avait reconnus coupables de harcèlement ayant entraîné le suicide : la peine encourue aurait alors été de 5 ans de prison.

Des moqueries et insultes à caractère homophobe

Ces quatre élèves du collège de Golbey, établissement proche d’Épinal où était également scolarisé Lucas, avaient comparu à huis clos le 3 avril pour des faits présumés de « harcèlement scolaire » entre septembre 2022 et janvier 2023 ayant « entraîné le suicide » de leur camarade.

À la surprise générale, le parquet, pourtant à l’origine de ces poursuites, avait proposé lors de cette audience une nouvelle lecture du dossier, retenant certes contre eux des faits de harcèlement, mais désormais sans lien causal avec le suicide, contrairement à ce que soutiennent les proches de Lucas. « Au vu de l’analyse du dossier et de ce qui s’est dit à l’audience, il restait un doute par rapport à la causalité » entre le harcèlement et le geste désespéré de Lucas, avait alors indiqué le procureur d’Épinal, Frédéric Nahon.

Après l’annonce du jugement, Séverine, la mère de Lucas, a fait part de son « soulagement ». « Le verdict qui a été rendu est bien parce que le harcèlement c’est grave. Il faut que tout le monde en prenne conscience », a déclaré la jeune femme à l’issue du prononcé de la décision.


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« J’attendais que mon fils soit reconnu victime de harcèlement scolaire, c’est tout ce que je lui devais, c’est mon combat maintenant. Je vais me battre jusqu’au bout, pour que ça s’arrête. On va mener des actions pour que les harceleurs se remettent en question, pour que les victimes se disent qu’elles n’ont pas à subir ça », a-t-elle poursuivi.

Lucas, 13 ans, s’était suicidé le 7 janvier, après avoir écrit un mot exprimant sa volonté de mettre fin à ses jours. Ses proches avaient dénoncé des faits de harcèlement, révélant les moqueries et insultes à caractère homophobe dont l’adolescent s’était dit victime de la part d’élèves de son collège.

« Il n’y a pas de mots pour dire le chagrin »

Ce drame avait soulevé une vague d’émotion et suscité plusieurs réactions politiques. « Quand un enfant met fin à ses jours, il n’y a pas de mots pour dire le chagrin, la douleur », avait déclaré le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, visiblement ému. « Ce drame montre à quel point la lutte contre le harcèlement scolaire doit demeurer une priorité du gouvernement ».

Il y a quelques jours, quatre mineurs ont été mis en examen pour « harcèlement scolaire ayant conduit au suicide » après qu’une adolescente de 13 ans, Lindsay, s’est donné la mort le 12 mai à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais).

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