Cinq jeunes habitants de Noyon, âgés de 20 à 23 ans, ont été condamnés ce lundi pour l’agression de deux clients qui sortaient d’une boîte de nuit de la ville en état d’ivresse. L’un des agresseurs aurait même fait usage du cric de son véhicule.

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Compiègne, El Patio. La boite de nuit fait l'objet d'une fermeture administrative d'un mois après plusieurs faits de troubles à l'ordre public et un signalement pour une agression sexuelle.

« Il a le visage fracturé de partout » : à Compiègne, la soirée en boîte de nuit se termine à l’hôpital

« À Noyon, il n’y a plus d’éclairage la nuit à partir de 00h30. C’était Ramadan et on avait encore faim après le dîner. Alors, on a pris la voiture pour aller au Mc Do de Compiègne », explique Nassim O., 23 ans. « À 3 heures du matin ? », s’étonne Laura Constantin qui préside l’audience correctionnelle de ce lundi au tribunal de Compiègne (Oise). « Il est ouvert 24 heures sur 24. », lui répond l’un des cinq prévenus. À mots couverts, certains avouent qu’ils étaient aussi venus « draguer les filles » à la sortie des boîtes de nuit de la cité impériale.

C’est d’ailleurs devant l’une d’elles, El Patio, que la soirée du 10 avril a dérapé vers 3h15 du matin. Les cinq copains sont à bord d’une voiture et se dirigent vers le fast-food en question. Sur la route, ils croisent deux jeunes femmes sur le parking de la discothèque. Un homme est à terre. Après être sorti pour aller uriner dehors avec deux de ses copains et les deux jeunes femmes, il s’est écroulé.

Le cric ? « Ce n’était pas pour le taper mais pour l’intimider »

« On s’est juste arrêté pour savoir s’il allait bien, mais il a commencé à foncer sur nous », précise Samuel K., 23 ans. « Il a passé la main à l’intérieur pour déverrouiller la portière. On a eu peur, il était très énervé et il était très costaud. Moi, je suis un cure-dent à côté de lui », reprend Mikail A., 20 ans, qui était au volant. Mais ce dernier a alors la mauvaise idée de sortir le cric qu’il transporte dans son coffre.

« Ce n’était pas pour le taper, mais pour l’intimider », soutient-il. Samuel K. reconnaît quant à lui l’avoir plaqué au sol pour l’immobiliser car il devenait véhément, mais les témoignages des victimes et des témoins diffèrent. Les deux autres, Illan H., 23 ans et Hakim Z., 20 ans, seraient arrivés par la suite, mais pas pour envenimer la situation, pour la calmer, au contraire.

« Prends le cric ! »

Les filles qui accompagnaient la bande de copains en boîte de nuit racontent de leur côté qu’ils se sont mis à cinq sur la victime, puis sur son ami venu lui porter secours. Le troisième comparse, resté en retrait, aurait entendu cette injonction : « Prends le cric. » Elles parlent de coups de pied, de coups de poing en rafale. Marie-Céline Lawrysz, la procureure de la République, insiste : « Vous avez une victime qui aurait pu y passer ! Vous avez vu la photo du scanner ? Il a le visage fracturé de partout. Il dit qu’il s’est rendu en boîte de nuit et s’est réveillé à l’hôpital. »

Pour les avocats des cinq jeunes, l’enquête a été « bâclée ». « Il y a un nombre de manquements considérable, proteste Me Thibaut Vandierendonck. Les victimes et les témoins qui avaient beaucoup bu, on parle de verres de whisky, de bières, de shots, ils n’ont même pas soufflé. Le cric n’a pas été analysé, on ne sait même pas s’il y a du sang dessus. Et il n’y a eu aucune confrontation pour recouper les témoignages, aucun tapissage. »

Toujours selon leurs avocats, les témoins et victimes n’avaient pas les idées claires quand ils ont été auditionnés. « La principale victime ne se souvient de rien, juste de quelques flashs, assure Me Charlotte de Boislaville. Il y a des trous dans cette procédure. Il n’y a eu aucune réquisition pour visionner les caméras du parking où l’altercation s’est passée. C’est parole contre parole. »

Les cinq prévenus ont été condamnés à des peines allant de deux ans de prison dont un an ferme à six mois de sursis simple, en fonction de leur implication dans la bagarre.

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