Contrôleurs aériens : la grève est levée, mais des avions seront bien cloués au sol ce jeudi

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A picture taken on August 7, 2018 shows an Air-France plane near the central tower control on the tarmac of Roissy-Charles de Gaulle Airport, north of Paris. (Photo by JOEL SAGET / AFP)

Le syndicat majoritaire de la profession a retiré son préavis de grève pour ce jeudi 25 avril. La pagaille n’en sera pas moins réelle dans les principaux aéroports du pays, car la décision est tombée à la dernière minute.

Pas sûr que la nouvelle redonne le sourire aux passagers dont les vols ont été annulés, ou aux « chanceux » dont l’avion a été maintenu, mais qui subiront les désagréments de la belle pagaille qui devrait régner, ce jeudi 25 avril, dans les aéroports du pays.

Le syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA, majoritaire – il a rassemblé 60 % des voix aux dernières élections professionnelles), qui proteste contre les mesures d’accompagnements du projet de refonte complète du contrôle aérien français, a renoncé ce mercredi 24 avril au matin à faire grève. « Un accord a été trouvé, le SNCTA lève son préavis », a expliqué l’organisation syndicale, dans un message lapidaire sur son site Internet. Contactée, celle-ci n’a pas répondu à nos sollicitations.

Trop tard, cependant, pour éviter de fortes perturbations sur le trafic aérien, d’autant que plusieurs syndicats minoritaires restent, de leur côté, déterminés à faire grève. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC), a ainsi demandé aux compagnies aériennes de réduire, ce jeudi 25 avril, leur programme de vols de 75 % à Orly et de 55 %, à Roissy Charles de Gaulle, ainsi que de 65 % à Marseille et de 45 % sur les autres aéroports métropolitains.

Les menaces sur le pont de l’Ascension levées

« Légèrement moins mauvais que prévu, mais pas bon du tout », résume un pilote d’Airbus. Toujours sur son site Internet, le SNCTA faisait valoir, lui, que « compte tenu du délai extrêmement court lié à cette conciliation de dernière minute, chaque contrôleur peut annuler sa déclaration préalable, malgré l’échéance de 18 heures l’avant-veille dépassée ». « Un comble ! s’agaçait un proche des négociations. Avec très peu d’avions dans le ciel, les contrôleurs du SNCTA qui viendront demain (ce jeudi) n’auront qu’à se tourner les pouces. »

Bonne nouvelle pour les passagers de l’aérien en revanche, la menace qui planait sur le pont de l’Ascension a disparu. Dans la foulée de l’annulation de sa grève de jeudi, le SNCTA a également levé son deuxième préavis qui ciblait les 9, 10 et 11 mai prochains.

Qu’est-ce que le syndicat majoritaire chez les contrôleurs aériens a obtenu ? Le gouvernement aurait fait un geste sur l’une de ses principales revendications : l’accès aux plus hautes grilles des carrières de la fonction publique pour les aiguilleurs du ciel qui s’approchent de la retraite, selon une information du quotidien Les Échos que le ministère des Transports ne nous a ni confirmée ni démentie.Ceux-ci bénéficieraient ainsi d’une meilleure rémunération puis d’une pension boostée à l’arrêt de leur activité professionnelle, à 59 ans.

Les grévistes contre une généralisation des badgeuses

« Des mesures statutaires ont été données, mais pas la totalité de ce que souhaitaient les syndicats », a simplement indiqué Patrice Vergriete, le ministre des Transports. Seule certitude, les concessions effectuées par le gouvernement n’auront « pas d’effet sur les contribuables et pas d’incidences sur les finances publiques », insistait-on dans son entourage. Le budget de la DGAC, en effet, et donc des contrôleurs, est abondé par les redevances acquittées par les compagnies aériennes.

Autre pomme de discorde : de nombreux grévistes déclarés protestaient contre la généralisation des badgeuses et des pointeuses, dont la mise en place vise à contrôler leur présence effective dans la tour de contrôle. En cause ? Le système des « clairances », par lequel les contrôleurs s’autorisent, entre eux, des absences qui ne figurent pas sur les plannings officiels. Au départ, la généralisation des badgeuses n’était pas intégrée au projet de réforme, mais elle avait été ajoutée, fin mars, suite aux recommandations Bureau d’enquête et d’analyses (BEA).


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L’un de ses rapports, justement, révélait une défaillance grave, survenue le 31 décembre 2022, sur une piste de l’aéroport de Bordeaux Mérignac. Un Airbus d’EasyJet et un petit avion de tourisme avaient failli se percuter suite à une faute majeure des équipes de contrôle, en sous-effectif dans la tour…

« La sécurité n’a pas de prix et l’installation de badgeuses n’est pas remise en cause, tonne-t-on du côté de la DGAC. Si dans la tour il est prévu qu’il y ait six contrôleurs, il est impensable qu’il n’y en ait que trois ». Même fermeté du côté du ministère : « Sur la question des badgeuses, il n’y a pas de négociation possible ».

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