Le Mans : 53 chirurgiens et anesthésistes de l’hôpital ont présenté leur démission administrative

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MEDECINE Chirurgie aortique et vasculaire Hopital Marie Lannelongue au Plessis Robinson Opération. Professeur Stephan Haulon chef de service de chirugie aortique et vasculaire

Face à la dégradation de leurs conditions de travail, les médecins n’assureront plus leurs missions administratives. Les soins continuent en revanche d’être prodigués.

Ils estiment ne plus pouvoir assurer leur « mission de service public ». Dans une lettre adressée à François Braun, ministre de le Santé, 53 chirurgiens et anesthésistes du centre hospitalier du Mans (Sarthe) ont présenté leur démission administrative, rapporte France Bleu Maine ce jeudi.

« Nous, chirurgiens et anesthésistes du Centre hospitalier du Mans, ne pouvons plus garantir la mission qu’un hôpital public doit remplir : une mission de service public », écrivent-ils dans ce courrier, également transmis à l’Agence régionale de santé (ARS), aux députés et sénateurs du département, ainsi qu’à Stéphane Le Foll, maire de la ville. Le socialiste est également président du Conseil de surveillance de l’hôpital.

Pour justifier cette décision, les médecins déplorent une « dégradation alarmante » de leurs conditions de travail et des conditions d’accueil des patients, liées au manque de personnel et à la fermeture de services d’urgence dans les établissements de la Sarthe et du département voisin de la Mayenne. Autant de phénomènes qui « ont entraîné une mise sous tension progressive de tous les services de l’hôpital, en particulier ceux de la chirurgie », rapporte Ouest-France.

110 opérations depuis le début de l’année

Selon le collectif de médecins, toujours cité par France Bleu, 110 opérations ont dû être annulées depuis le début de l’année, dont certaines concernent des pathologies graves comme des cancers. Faute de personnel paramédical suffisant, 60 lits de chirurgie conventionnelle auraient ainsi été fermés.

« Nous, chirurgiens et anesthésistes du Centre Hospitalier du Mans n’avons plus les moyens de prendre en charge nos patients dans des conditions de soins correctes et humainement supportables. Nous ne sommes plus en capacité de prendre en charge les transferts des autres centres hospitaliers ni les urgences chirurgicales de patients déjà opérés en clinique », détaillent-ils finalement, comme le rapporte actu.fr.

Concrètement, cette démission n’engage pas la fin des soins, que les médecins continueront d’assurer au nom du « serment d’Hippocrate », mais ces derniers n’assureront plus leurs fonctions et responsabilités administratives comme par exemple celle de chef de service, la gestion des plannings ou encore les questions autour du budget.

En 2020, une vague de démissions administratives avait eu lieu dans plusieurs hôpitaux du territoire. Près de 1300 médecins hospitaliers, chefs de service et responsables d’unité avaient annoncé leur intention de démissionner en l’absence d’un plan d’urgence pour l’hôpital public.

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