Marche contre l’antisémitisme : LFI, PS, RN… qui défilera ou pas dimanche à Paris ?

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Politique Paris (VIe), le 31 octobre 2023 Questions au gouvernement Marine Le Pen (RN) Photo LP / Fred Dugit

La présence de l’extrême droite à la « grande marche » de dimanche, organisée à Paris par les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, fait débat au sein de l’échiquier politique.

Un appel qui ne fait pas l’unanimité. Face à la recrudescence des actes antisémites en France depuis l’attaque terroriste du Hamas en Israël, le président du Sénat Gérard Larcher et la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet ont appelé « tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de notre République » à participer dimanche à une « grande marche civique » contre l’antisémitisme à Paris.

L’initiative a été immédiatement saluée par la majorité, mais aussi par la droite et l’extrême droite. Un problème pour de nombreux partis, essentiellement positionnés à gauche, qui conditionnent ainsi leur participation à l’absence du Rassemblement national. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a lui-même annoncé mercredi matin qu’il « ne défilera pas aux côtés du RN ».

Emmanuel Macron a quant à lui côté indiqué, lors d’un dîner mardi soir avec les cadres de la majorité, qu’il « ferait savoir [sa] position dans les prochains jours ». Qui ira ? Qui n’ira pas ? On fait le point.

Le Rassemblement national participera

« Nous répondrons présents », a écrit dès mardi soir sur le réseau social X (anciennement Twitter) le président du Rassemblement national Jordan Bardella.

Marine Le Pen a confirmé sa présence ce mercredi matin sur RTL. « J’y participerai, (…) l’ensemble de nos élus y seront et j’appelle l’ensemble de nos adhérents et électeurs à se joindre à cette manifestation », a-t-elle lancé. « Il est temps que le peuple français dans sa diversité exprime son rejet total de l’augmentation spectaculaire des actes visibles d’antisémitisme », a estimé l’ancienne candidate d’extrême droite à la présidentielle. « Ça fait très longtemps que nos compatriotes de confession juive sont confrontés à des actes de ce type, des quartiers entiers se sont vidés, du fait de l’avancée d’une idéologie que je combats depuis toujours, l’idéologie islamiste », a-t-elle ajouté.

Interrogée sur le passé du RN, héritier du Front national cofondé par son père, Jean-Marie Le Pen, avec un ancien Waffen-SS, elle a expliqué qu’elle avait opéré une « séparation ». « J’ai considéré, je considère toujours d’ailleurs qu’il y a des sujets sur lesquels on ne peut laisser naître aucune ambiguïté », a-t-elle assuré, « et pour le coup, le soutien à nos compatriotes de confession juive en fait partie ». Marine Le Pen a assuré être prête à défiler « en queue de cortège » puisque sa présence dérange.

Reconquête sur place

« Éric Zemmour et Marion Maréchal répondent présents à la marche contre l’antisémitisme organisée dimanche. Ils seront accompagnés du bureau exécutif de Reconquête », a simplement écrit le parti fondé par l’ex-candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle sur le réseau social X.

Les Républicains présents

« Je serai présent à cette marche, il faut que tous les Républicains crient leur volonté de s’opposer avec la plus grandes des énergies à cette résurgence, à cette montée d’un antisémitisme totalement insupportable », a déclaré devant la presse à l’Assemblée le président de LR, Éric Ciotti.

Sans la France insoumise

LFI et ses députés ont annoncé ce mercredi matin dans un communiqué qu’ils « ne participeront pas ». « Lutter contre l’antisémitisme et contre toutes les formes de racisme est impraticable aux côtés d’un parti qui trouve ses origines dans l’histoire de la collaboration avec le nazisme », a affirmé LFI dans ce document, estimant que « l’ambiguïté des objectifs » de cette manifestation « permet les soutiens les plus insupportables ». « Notre pays a besoin d’initiatives qui unifient notre peuple », a expliqué le parti de la gauche radicale, jugeant « nécessaire de réunir autour des objectifs de paix pour exiger clairement un cessez-le-feu et la libération des otages » retenus par le Hamas. L’appel à la « grande marche » de dimanche « ne répond pas à cet impératif », considère LFI.

Dès mardi soir, la figure de proue des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, avait annoncé sur le réseau social X qu’il ne s’associerait pas à l’événement. Il l’a qualifié de « rendez-vous » pour « les amis du soutien inconditionnel au massacre », en référence aux bombardements israéliens incessants sur Gaza.

« Je trouverais particulièrement incongru de participer à une manifestation de cette nature en présence du RN », avait lui aussi estimé mardi soir le député Manuel Bompard sur franceinfo, sans donner à ce moment de réponse définitive.

La députée Raquel Garrido, qui vient tout juste d’être mise en retrait par la direction du groupe LFI à l’Assemblée, avait elle aussi entretenu le flou sur sa présence. « J’ai vu l’appel », a-t-elle indiqué sur RMC mercredi matin, rappelant que cette mobilisation s’ajoute à la proposition d’Olivier Faure (PS) d’un rassemblement contre l’antisémitisme. La députée a estimé que « c’est un bon réflexe » face à « la recrudescence tout à fait alarmante des actes racistes et antisémites ». Toutefois, « il ne faut pas qu’il y ait le RN dans ces mobilisations », a-t-elle martelé. « Pour le moment, je n’ai pas le périmètre de cette mobilisation », avait conclu alors Raquel Garrido, sans dire ce qu’elle fera.

Renaissance prend ses distances

Le secrétaire général du parti Renaissance, Stéphane Séjourné, a affirmé sur X que le parti « sera présent pour la grande marche contre l’antisémitisme ». Toutefois, il a prévenu qu’il ne défilera « pas derrière la même banderole que le Rassemblement national ». « J’appelle solennellement les organisateurs ainsi que les partis politiques qui y participeront à ne pas être les complices de la banalisation d’un parti fondé par des antisémites », a-t-il également écrit.

Les réserves du Parti communiste

Sur France 2 ce mercredi matin, Fabien Roussel a estimé « important » qu’une grande marche contre l’antisémitisme soit organisée, rappelant l’histoire de son parti, qui « a toujours combattu le racisme et l’antisémitisme ». Mais il a appelé les organisateurs à en « préciser les contours ». Le leader communiste a estimé que, « au regard de son histoire, le RN n’a pas sa place dans un tel rassemblement contre l’antisémitisme », rappelant que ce parti « descend du Front national » fondé Jean-Marie Le Pen, « plusieurs fois condamné pour propos antisémites », et par des hommes qui avaient collaboré avec l’Allemagne nazie. Fabien Roussel n’entend « pas être absent » de cet événement mais il ne « défilera pas aux côtés » du RN.

Le Parti socialiste dans un entre-deux

Dimanche, le patron du PS, Olivier Faure, avait déclenché une polémique en interne en appelant lui-même « toutes les forces politiques » à « un grand rassemblement » contre l’antisémitisme. Il avait envisagé, dans un premier temps, la présence du Rassemblement national, avant de rétropédaler. La question d’une présence ou non des socialistes à la marche a été discutée très tard ce mardi soir en bureau national. Dans un communiqué, le PS a finalement opté pour un entre-deux en appelant « tous les Français, quelle que soit leur position sur la guerre au Proche-Orient » à participer à la marche tout en jugeant la participation du RN « illégitime ».

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