Normandie : hôtels et restaurants cherchent encore à recruter avant le 80e anniversaire du Débarquement

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Un serveur de La Fabrique en action à Lion-sur-Mer. L’établissement va tourner avec une cinquantaine d’employés dont une large majorité de saisonniers, déjà presque tous recrutés.

Les hôtels et restaurants de la côte calvadosienne s’affairent pour compléter leur recrutement pour une saison marquée par le 80e anniversaire du Débarquement. Ils avancent, sans marge, pour capter une main-d’œuvre pas toujours facile à trouver, notamment pour des questions de logement.

Pâques a lancé timidement une saison historique, celle des 80 ans du Jour-J. Le long week-end n’a pas toujours été à la hauteur des attentes des professionnels de l’hôtellerie-restauration calvadosienne, qui continuent, en coulisses, de recruter pour accueillir une vague touristique venue du monde entier. « On fait des job-dating pour capter les saisonniers de la montagne », glisse Yann France, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) dans le département.

Le bouclage des équipes n’est pas aisé mais il a le mérite d’avancer, ce qui est déjà une bonne surprise après plusieurs saisons à courir après une main-d’œuvre trop rare. « Juste après le Covid, c’était dur de trouver des passionnés, reconnaît Romane, responsable hébergement à l’hôtel Le Bayeux. Mais cette année, c’est mieux. Des employés découvrent le métier et restent. D’autres reviennent une deuxième année. » En anticipant dès la fin décembre, l’établissement a quasiment terminé son marché. Il ne restera plus qu’un extra à trouver pour l’été.

80 % des établissements ont du mal à recruter

Tous les scénarios ne sont pas aussi roses. « On est un peu en galère en cuisine. On voit des jeunes qui changent de voie. Il y a moins de roulement », témoigne Lucie, responsable de salle au restaurant le Crabe vert, à Saint-Aubin-sur-Mer. Quatre personnes ont été trouvées. Il en manque deux à l’appel, bien que le restaurant ne soit pas trop inquiet. « Quelques équipes sont faites mais c’est un peu partout pareil à Saint-Aubin », ajoute la jeune femme.

Yann France estime à 80 % les entreprises en difficulté pour recruter. « C’est une pénurie nationale. Ici, on a un problème de logement. Il en manque et ils sont trop chers », déplore le responsable de l’UMIH Calvados, taclant notamment la profusion des locations de tourisme de type Airbnb, qui restreignent les possibilités pour les saisonniers. L’organisation professionnelle décrit des hôtels et des restaurants forcés de réduire leur capacité d’exploitation en fermant des salles ou fermant, tout court, certains jours.


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Pour conjurer le sort et tirer profit de cette saison 2024 hors normes et ses retombées espérées les années suivantes, la profession a « revu la qualité de vie au travail », dit Yann France. Une nouveauté confirmée par le responsable du bar de La Fabrique, à Lion-sur-Mer : « On propose de bonnes conditions de travail et toutes les heures supplémentaires sont payées. » L’établissement a déjà comblé la quasi-totalité de ses besoins. Idem à l’Omaha restaurant, situé en bordure de la célèbre plage. Anthony, son patron depuis trois ans, dépeint « une ambiance familiale avec les clients et les salariés. Le salaire suit. Quand on ne se moque pas des employés, on trouve. »

Pour pérenniser une tendance qui s’améliorerait enfin, des solutions émergent avec l’ouverture, cet été, d’un internat à Honfleur pour loger des saisonniers. Non loin de là, Cabourg a pour projet de construire un immeuble pour les loger. D’ici là, les établissements de la côte vont prospecter pour achever leur recrutement, à compléter sans doute au cœur de l’été par des extras ou des intérimaires aux demandes de salaires ou de plannings parfois plus exigeantes.

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