Salon de l’agriculture : 615 000 visiteurs, alcool… le bilan d’une édition 2023 mouvementée

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SALON INTERNATIONALE DE L'AGRICULTURE SIA 2023 , PARIS EXPO PORTE DE VERSAILLES PHOTO LE PARISIEN / ARNAUD JOURNOIS

Après la crise sanitaire, une reprise sur fond de guerre en Ukraine, la plus grande ferme de France a retrouvé des couleurs. Parfois un peu trop, avec un nouveau mouvement de jeunes venant s’alcooliser. Le patron fait le point sur les pistes pour les prochaines éditions.

Journée marathon et mouvementée pour Emmanuel Macron, débat autour de la consommation d’alcool, un samedi trop fréquenté… C’est une édition marquante du Salon de l’agriculture qui s’est achevée ce dimanche soir. Plus de 80 visites officielles, 3 500 journalistes accrédités et des centaines de milliers de visiteurs : le président du Salon international de l’agriculture, Jean-Luc Poulain, a salué dimanche une « belle édition » 2023 du grand rendez-vous des Français avec le monde agricole.

« C’est un bon salon. Nous renouons avec l’affluence des éditions d’avant le Covid », s’est réjoui le patron du salon, au moment de la clôture des halls de la porte de Versailles qui a recensé 615 204 visiteurs. Samedi, une affluence record a contraint les organisateurs à fermer plus tôt les accès du salon, marqué aussi cette année par la présence accrue de groupes de jeunes gens avinés. « Nous l’avons fait pour des raisons de sécurité : l’ambiance était conviviale mais le moindre mouvement de foule aurait pu être dangereux au vu de l’affluence », a-t-il souligné.

Les organisateurs de l’événement – qui se tient sur neuf jours, deux week-ends compris – réfléchissent à des pistes pour éviter un goulot d’étranglement à l’avenir : les billets qui sont actuellement valables pour n’importe lequel des jours du salon, pourraient par exemple être majorés les samedis et dimanche, ou valables pour un jour en particulier – ce qui permettrait de contrôler la jauge journalière de visiteurs.

Des politiques très attentifs malgré l’absence d’élections cette année

En 2022, année des retrouvailles après la crise sanitaire, le Salon avait accueilli 503 000 visiteurs. Le record remonte à 2014, avec plus de 700 000 visiteurs. Un an après le début de la guerre en Ukraine et alors que les aléas climatiques pèsent sur la production agricole, le Salon a permis de montrer les attentes du monde agricole, affirme Jean-Luc Poulain, lui-même agriculteur dans l’Oise.


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« Ce qui était considéré comme acquis – une alimentation abondante et pas chère – est confronté à une série de contraintes : l’inflation, la géopolitique, le climat, qui posent la question de la souveraineté alimentaire de la France », a-t-il affirmé. Le salon a une nouvelle fois coïncidé avec la clôture des négociations annuelles entre les enseignes de supermarchés et leurs fournisseurs, achevée mercredi à minuit, laissant augurer d’une augmentation de 10 % des prix payés aux industriels.

Le président des Chambres d’agricultures, Sébastien Windsor, a de son côté constaté une « sensibilité particulière des politiques cette année au sujet agricole », avec plus de visites que d’habitude « alors qu’on n’est pas en période électorale ». Depuis samedi 25 février, quand le chef de l’État Emmanuel Macron a ouvert le bal, les visites n’ont pas arrêté. Une centaine de personnalités, responsables politiques, ministres ou élus, français comme étrangers, ont arpenté les allées. Marc Fesneau a même passé les neuf jours sur place pour son baptême du feu comme ministre de l’Agriculture.

Produits phytosanitaires, carburant, eau… Des annonces politiques au Salon

Avec à la clé des aides annoncées par le gouvernement, notamment pour les producteurs de fruits et légumes, une réflexion engagée sur les produits phytosanitaires et sur l’eau. Le gouvernement promet d’aider à financer la recherche d’alternatives aux produits qui pourraient être interdits dans les prochaines années.

L’exécutif travaille aussi à un plan sur l’eau qui doit être présenté en mars. Parmi les pistes : un stockage accru, la réutilisation des eaux usées – de moins de 1 % en France contre 8 % en Italie ou 14 % en Espagne -, et le développement de variétés de cultures plus résistantes au stress hydrique. Le carnet de chèques s’est ouvert avant même l’inauguration officielle, avec l’annonce aux pêcheurs par Emmanuel Macron de la prolongation de leur ristourne sur le carburant. Une mesure qui coûte « environ 2,5 millions d’euros par mois », selon le secrétaire d’État à la Mer Hervé Berville.


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D’autres enveloppes ont été annoncées. Ainsi, 400 millions d’euros doivent être débloqués pour aider à investir dans des agroéquipements « innovants ». Alors que la France importe 50 % de ses fruits et légumes, « l’objectif est de mobiliser 200 millions d’euros » pour la filière, dont la moitié est d’ores et déjà comprise dans le plan d’investissement sur les agroéquipements.

Grosse déception en revanche pour les producteurs bios, qui ont jugé « méprisante » l’annonce d’une aide à la trésorerie de dix millions d’euros alors que la baisse de consommation plonge le secteur dans le marasme, avec un recul du nombre de conversions au bio de 32 % sur un an, selon l’Agence bio.

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